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La poudre pour bébé est probablement dangereuse pour la santé humaine, reconnait Santé Canada

Talc poudre pour bébé
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Le talc, qui entre notamment dans la composition de la poudre pour bébé, est probablement nocif pour l'humain, a reconnu Santé Canada mercredi au terme d'une étude portant sur cette question.

Dans son ébauche d'évaluation préalable du talc, Santé Canada, appuyé par Environnement Canada, s'est penché sur la toxicité du minéral en fonction de la méthode d'exposition. Ainsi, selon l'organisme fédéral, l'utilisation du talc dans l'industrie alimentaire et pharmaceutique ne pose généralement pas de problème, puisque la substance ne semble pas être nocive lorsqu'on y est exposé par voie orale ou cutanée.

Par contre, le talc semble avoir «un effet critique sur la santé» lorsqu'une personne inhale la substance, ce qui peut se produire lorsqu'elle se présente sous forme de poudre, comme dans le cas de la poudre pour bébé. Le talc peut alors s'accumuler dans les poumons. «L’inhalation chronique de talc entraîne des troubles de la fonction pulmonaire et des modifications fibrotiques chez l’être humain», a noté Santé Canada, en notant cependant que la substance ne semble pas causer de cancer du poumon.

De plus, «les méta-analyses des études chez l’humain publiées dans des revues à comité de lecture indiquent une association positive constante et statistiquement significative entre l’exposition périnéale au talc et le cancer de l’ovaire», s'est alarmé Santé Canada. Cette forme d'exposition peut survenir lors de l'utilisation de produits de soins personnels comme des poudres, des crèmes, des lingettes, des antisudorifiques ou déodorants génitaux et des bombes pour le bain qui contiennent du talc.

L'organisme fédéral envisage donc d'imposer «des mesures qui interdiraient ou restreindraient l'utilisation de talc dans un nombre limité de types de produits, notamment dans certains cosmétiques, produits de santé naturels et médicaments en vente libre»

Une période de consultation se terminant le 6 février prochain a été lancée afin de permettre au public de se prononcer, notamment sur les mesures qui pourraient être prises pour gérer les risques posés par le talc.

Poursuites

Aux États-Unis, de nombreuses procédures judiciaires ont été lancées contre l'entreprise Johnson % Johnson par des personnes ou des proches de personnes qui ont développé un cancer des ovaires après avoir utilisé de la poudre pour bébé sur une longue période.

L'entreprise avait notamment été condamnée à verser 417 millions $ US à une femme qui alléguait que l’entreprise n’avait pas averti adéquatement les consommateurs des risques posés par ses produits. Cette décision a cependant été infirmée par un autre tribunal.

Le géant pharmaceutique de New Brunswick, au New Jersey, a fait appel des différentes condamnations auxquelles elle a fait face et qui totalisent des centaines de millions de dollars. L’entreprise dément qu’il existe tout lien entre ses produits à base de talc et le développement du cancer des ovaires.

Omniprésent

De son côté, Environnement Canada a jugé que le talc est «une substance peu préoccupante sur le plan écologique».

Hautement présent dans nombre de domaines industriels, le talc est un minéral présent naturellement dans l'environnement. Il est notamment utilisé dans la production d'adhésif, dans l'industrie des transports, dans la production de matériaux de construction, dans les produits électriques et électroniques, dans les encres et colorants et dans le textile.

Entre 50 et 75 millions de kg de talc ont été produits au pays en 2011. Le Canada a aussi importé 100 millions de kg de talc en 2016, a souligné Santé Canada. Entre 3 et 4 % du talc se retrouve dans l'industrie des cosmétiques.