/finance/opinion/columnists
Navigation

Des «pinottes» pour les familles

Coup d'oeil sur cet article

Sur les 15 milliards $ de revenus supplémentaires que l’ancien gouvernement Couillard a ramassés au cours des quatre exercices financiers allant d’avril 2014 à mars 2018, à peine 390 millions $ ont été redistribués en « supplément » d’aide financière aux familles, aînés, démunis et aidants naturels.

Ce supplément représente à peine 2,6 % des 15 milliards $ de revenus additionnels d’impôts, de taxes, de redevances, etc., que le gouvernement a encaissés.

À titre de comparaison, sachez que les 21 400 médecins, eux, se sont partagé au cours de la même période une colossale augmentation de 1,48 milliard $, soit presque quatre fois la hausse de revenus (390 M$) versée aux millions de bénéficiaires des programmes d’aide financière, soit autour de 883 000 familles avec des enfants mineurs, 570 000 personnes âgées à revenu faible, un peu plus de 400 000 assistés sociaux et des dizaines de milliers de personnes handicapées.

Des cinq missions gouvernementales, c’est la somme totale consacrée au « Soutien aux personnes et aux familles » qui, en termes de pourcentage, a augmenté le moins au cours des quatre dernières années, voire 3,9 % en tenant compte des crédits d’impôt remboursables.

Sur les 103,5 milliards $ que Québec a dépensés en 2017-18, il a alloué quelque 10,4 milliards $ en aide aux familles, aînés et moins nantis.

Sous l’ancien gouvernement Couillard, voici l’augmentation des dépenses allouées ces quatre dernières années aux autres grandes missions gouvernementales :

  • Santé et services sociaux : 12,9 % (+ 4,57 milliards $)
  • Éducation et culture : 10,6 % (+ 2,18 milliards $)
  • Économie et environnement : 21,4 % (+ 2,55 milliards $)
  • Gouverne et justice : 5,1 % (+ 343 millions $)

LE BILAN

Selon les comptes publics, les revenus du gouvernement du Québec au cours des quatre dernières années ont grimpé de 15,1 milliards $, passant de 93,3 à 108,4 milliards $, en hausse de 16,2 %. Les dépenses, elles, ont également augmenté, mais plus modestement (9 %), soit de 8,55 milliards $, pour atteindre les 103,5 milliards $ lors du dernier exercice financier de 2017-18.

Cela a permis au gouvernement Couillard d’engranger au fil des années d’alléchants surplus budgétaires, lesquels ont été versés dans le Fonds des générations et la Réserve de stabilisation.

MÉDECINS vs FONCTIONNAIRES

Au cours des quatre dernières années, c’est la rémunération des employés de la fonction publique et parapublique qui a grugé la grosse part de l’augmentation des dépenses gouvernementales.

La rémunération des employés de l’État a atteint les 45,8 milliards $, en hausse de 5,53 milliards $ en quatre ans. À elle seule, cette hausse représente presque les deux tiers (64,7 %) de l’augmentation des dépenses gouvernementales des quatre dernières années.

Un bémol : cette augmentation de la rémunération inclut la hausse de 1,48 milliard $ accordée aux médecins. À eux seuls, les 21 400 médecins ont accaparé plus du quart de la hausse de rémunération.

Lors des quatre dernières années, les médecins ont bénéficié d’une hausse de revenus de 22,6 % à comparer à 12 % pour les 487 000 employés de l’État.

Et combien déjà pour l’aide additionnelle aux familles, aînés, assistés sociaux, personnes handicapées et aidants naturels ?

Un « gros » 3,9 % en quatre ans, soit moins que l’inflation !