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Le CRTC dit non à une nouvelle radio à Québec

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Avec neuf stations de radio privées et un marché publicitaire en déclin, il n’y a pas de place pour une nouvelle radio à Québec, tranche le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Dans une décision publiée jeudi, le CRTC ferme la porte à l’ouverture d’une nouvelle station de radio dans le marché de Québec alors qu’au moins quatre groupes ont fait part de leur intérêt pour exploiter l’une des dernières fréquences FM disponibles sur ce territoire, soit le 105,7.

L’organisme fédéral conclut que le marché est saturé et qu’il ne «peut accueillir une autre station de radio commerciale à l’heure actuelle».

Stations déficitaires

Même si quatre des cinq groupes propriétaires de stations privées à Québec ont été rentables en 2017, il demeure que quatre de leurs neuf stations perdent de l’argent.

Selon le CRTC, «la situation financière du marché s’est détériorée» depuis 2010, lorsqu’il a évalué pour la dernière fois la possibilité d’émettre une nouvelle licence à Québec.

Le CRTC s’est donc rangé derrière les arguments des joueurs de la radio à Québec, dont Bell, Cogeco, RNC Média et Leclerc Communication, qui affirmaient que l’arrivée d’un nouveau concurrent aurait pour effet de «déstabiliser davantage le marché et [d’]aggraver sa situation économique déjà difficile».

Revers

Il s’agit d’un autre revers pour l’entreprise torontoise Dufferin Communication, propriétaire de 17 stations de radio au Canada qui cherche depuis 2007 à lancer à Québec une première radio commerciale de langue anglaise.

Le groupe souhaitait diffuser dans la capitale provinciale de la musique populaire et de l’information pour la communauté anglophone. Quelque 13 000 personnes parlent l’anglais à la maison à Québec. Seule Radio-Canada diffuse en anglais sur deux fréquences.

Evanov, détenteur à part entière de Dufferin, faisait valoir que «les besoins de la communauté linguistique minoritaire de la Ville de Québec devraient l’emporter sur le désir des radiodiffuseurs commerciaux en langue française de maintenir leur monopole sur le marché.»

Patrice Demers, président de Genex Communications et ancien propriétaire de CHOI Radio X, le groupe Arsenal Media (anciennement Attraction Radio), qui détient 15 stations régionales au Québec, et les partenaires d'affaires Gilles Lapointe et Nelson Sergerie, ont également milité pour l’ouverture d’une nouvelle fréquence dans le marché.

De l’ouverture à Portneuf et à Sainte-Marie

Le CRTC signale qu’à la suite de sa décision, il ne recevra plus les demandes visant à ouvrir une nouvelle radio privée à Québec pour les deux prochaines années.

Il s’est cependant montré ouvert à l’ajout d’une radio dans le marché de Portneuf et d’une autre à Sainte-Marie, à la suite de demandes de gens d’affaires dans ces localités. Ces deux dossiers seront donc à l’étude au cours des prochains mois.