/finance/business
Navigation

Le PDG de Bombardier à New York: ça passe ou ça casse?

Le grand patron de Bombardier, Alain Bellemare
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI Le grand patron de Bombardier, Alain Bellemare

Coup d'oeil sur cet article

Le grand patron de Bombardier joue gros jeudi à New York. Sa mission: regagner la confiance des investisseurs mise à rude épreuve au cours des derniers mois. Alain Bellemare rencontrera une centaine d’entre eux à l’occasion de la «journée des investisseurs», la grand-messe annuelle de la multinationale québécoise.

À l’hôtel Intercontinental Times Square, les dirigeants de Bombardier feront le point sur les récentes turbulences qui ont ébranlé l’entreprise sur les marchés financiers. Entre juillet et novembre, l’action est passée de 5,58 $ à 1,58 $, soit une perte sévère de 71%. Les racines de la crise de confiance entre Bombardier et les marchés financiers sont multiples: problèmes de liquidités, retards de livraison dans la division Transports, vente du programme d’avion Q400.

L’exercice auquel se prêtera Alain Bellemare ce jeudi après-midi pourrait bien façonner les décisions que prendra la multinationale au cours des prochains mois. Son discours convaincra-t-il d’importants investisseurs et d’influents analystes que le plan de match actuel est le bon? Ces derniers auront l’occasion de poser leurs questions et de partager leurs opinions.

Un autre coup de balai?

Le PDG de Bombardier confiait, en novembre, qu’il n’avait pas fini «de faire le ménage». D’autres pertes d’emplois? D’autres programmes vendus? De nouveaux appels à l’aide aux gouvernements? Alain Bellemare pourrait bien dévoiler, ce jeudi, quelques-unes de ses cartes maitresses pour ramener l’entreprise sur le chemin de la rentabilité.

Au Québec, l’inquiétude est vive au sein de la grappe aérospatiale. Après la vente des programmes C Series et Q400, Bombardier pourrait se départir de son dernier programme d’avions commerciaux, le CRJ. 1000 emplois sont en jeu à Mirabel, où sont assemblés les appareils. Plusieurs fournisseurs de pièces sont également inquiets.

Le ministre de l’économie, Pierre Fitzgibbon, s’est déjà montré ouvert à «aider» Bombardier en évaluant d’éventuelles demandes de l’entreprise. De son côté, François Legault verrait d’un bon œil un partenariat entre Bombardier et un autre avionneur, comme dans le cas de la C Series avec Airbus. À l’occasion de sa rencontre avec les investisseurs, Alain Bellemare pourrait clarifier ses intentions.

L’enquête de l’AMF

Des sources bien informées de l’enquête que mène l’Autorité des marchés financiers sur Bombardier indiquent que le dénouement ne sera pas connu avant les premiers mois de 2019. Les fins limiers du gendarme québécois de la bourse tentent de savoir si 12 dirigeants de la multinationale ont tenté de s’enrichir indûment en commettant un délit d’initié. Ont-ils vendu des millions d’actions à fort prix quelques semaines avant la débandade? Possédaient-ils des informations leur laissant présager que le titre allait s’écrouler en bourse?

Mes antennes, bien au fait des démarches de l’AMF, m’indiquent qu’il est peu probable que les vérifications ne mènent à des accusations. Néanmoins, tout est possible, et le doute est semé. Mettez-vous dans la peau d’un investisseur étranger qui lit cette manchette: «Bombardier sous la loupe des autorités boursières québécoises».

«La seule limite à nos réalisations de demain sera nos doutes d’aujourd’hui». Cette citation, attribuée au 32e président américain Franklin Delano Roosevelt, illustre bien la réalité et les défis auxquels est confronté Alain Bellemare. À New York, il tetera de dissiper les doutes, et surtout, de démontrer qu’il demeure l’homme de la situation.