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Polytechnique Montréal: commémoration des 14 femmes tuées il y a 29 ans

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La mémoire des 14 femmes abattues par un tueur misogyne à l’école Polytechnique Montréal, le 6 décembre 1989, a été commémorée jeudi soir en face du chalet du mont Royal où citoyens et politiciens se sont réunis pour ce triste anniversaire, dont le souvenir est encore douloureux.

Le ciel de Montréal a été éclairé entre 17 h et 22 h pour la cinquième fois par 14 faisceaux lumineux, sur le belvédère Kondiaronk, dans le but de souligner le 29e anniversaire de ce massacre.

«C’est un événement qui a marqué Montréal, le Québec et le Canada en entier. C’est aussi un événement où 14 femmes ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes. Depuis 29 ans, on s’est dit plus jamais on ne veut vivre ça. Il faut considérer l’aspect de la femme dans la société, mais aussi celui de la violence faite envers elles avec ces recueillements», a expliqué Catherine Bergeron, sœur d'une des victimes et présidente du Comité Mémoire.

SEBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

Plusieurs personnalités publiques se sont déplacées pour l’occasion, dont les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault, la ministre de l'Environnement MarieChantal Chassé, la solidaire Manon Massé et la mairesse de Montréal Valérie Plante.

SEBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

«Il y a tellement de familles qui souffrent encore de cet événement-là qui est survenu, mais la grande conversation qu’on a concerne tout le monde. Le fait qu’on ait perdu des sœurs et des amis à un événement aussi malheureux, ça nous rappelle toute la violence qui existe encore dans notre pays», a déclaré Sophie Grégoire-Trudeau, qui était de passage à Montréal avec le premier ministre pour cette soirée.

SEBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

Le premier ministre du Québec, François Legault, a pour sa part rappelé à l’Assemblée nationale l’importance de la notion d’égalité entre les hommes et les femmes ce jeudi.

«On a fait des pas depuis, mais il y a encore beaucoup de violence si on pense aux femmes autochtones disparues ou assassinées et à la violence faite aux femmes à travers la violence domestique. Je pense aussi qu’on voit beaucoup d’avancées dans l’espace public», a indiqué Mme Plante lors de la commémoration.

SEBASTIEN ST-JEAN/AGENCE QMI

Rappelons qu’il y a 29 ans, le tireur Marc Lépine a pénétré à l’école Polytechnique et a abattu 14 femmes avant de s’enlever la vie. Quatorze autres ont aussi été blessées.

En cette Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes, des rassemblements se sont déroulés un peu partout au pays, allant d’Ottawa et à Halifax.

Hausse de femmes

Près de 30 années après le massacre, les femmes sont toujours une minorité au sein de la clientèle étudiante de Polytechnique, mais elles sont plus nombreuses que dans le passé.

En 1989, elles représentaient seulement 17 % de l’ensemble des étudiants qui fréquentaient l’établissement. À l’automne 2018, les femmes forment un peu plus de 28 % de la population étudiante.

D’après Ingénieur Canada, moins de 13 % des ingénieurs qui sont en exercice et titulaire d’un permis sont des femmes.

FRANCIS PILON

«Il y a plus de femmes aujourd’hui qu’à l’époque où j’ai gradué il y a 60 ans pile cette année. Mais ce que je peux vous dire, c’est que l’esprit de camaraderie entre garçons et filles n’a jamais changé à Polytechnique », a dit Michèle Thibodeau-DeGuire, présidente du Conseil de Polytechnique et première femme diplômée en génie civil de Polytechnique.

Cette dernière mentionne qu’il y a toujours du travail à faire pour intégrer les femmes à son milieu, notamment en sensibilisant les jeunes filles au milieu des sciences et au métier d’ingénieur.

«L’événement de ce soir, c’est un événement fort en émotions. C’est incroyable ces faisceaux! À travers quelque chose d’effroyable, il faut le dire, il y a de la magie qui ressort de ça», a souligné Mme Thibodeau-DeGuire.

Une gerbe de roses blanches a été déposée, jeudi matin, devant la plaque commémorative dédiée aux quatorze étudiantes tuées à l’école Polytechnique.