/news/politics
Navigation

Baisse des taxes scolaires: rien pour les locataires, dénoncent les oppositions

Le ministre des Finances, Éric Girard
Photo Simon Clark Le ministre des Finances, Éric Girard

Coup d'oeil sur cet article

Même si près de 40% des Québécois sont locataires de leur logement, le gouvernement Legault n’a rien prévu pour leur refiler la baisse de taxes scolaires contenue dans son projet de loi déposé jeudi.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a ainsi concrétisé la promesse électorale de la CAQ d’abaisser graduellement les taxes scolaires pour créer un taux unique d’ici quatre ans. «On va être autour de la cible de 10 sous», a-t-il promis. D’ici là, le taux devrait diminuer de 25% dès l’été prochain.

Le premier ministre François Legault a rappelé jeudi que la promesse de sa formation politique visait à mettre fin à l’iniquité entre les régions. «C’est inacceptable, par exemple, que les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean puis de la Mauricie paient un taux de taxes scolaires trois fois plus élevé que le taux dans les autres régions», a-t-il commenté.

En ce moment, les propriétaires d’une maison en Mauricie paient 30,93 cents par 100 $ d’évaluation, tandis qu’il en coûte 10,54 cents par 100 $ d’évaluation dans les Laurentides. Québec compensera le manque à gagner pour les commissions scolaires qui verront leurs revenus diminuer. D’abord évalué à 700 M$ quand la CAQ était l’opposition, le montant à verser est aujourd’hui estimé entre 700 M$ et 900 M$.

Cadeau aux propriétaires

Le ministre Girard affirme que le projet de loi vise à «baisser le fardeau fiscal», mais reconnaît que son projet de loi ne prévoit rien pour forcer les propriétaires à refiler l’économie aux locataires. Il se dit toutefois ouvert à entendre les propositions en commission parlementaire.

L’économiste de formation se défend toutefois de miser sur le ruissellement de la richesse (trickle down economics). «C’est clair que l’effet direct est pour les propriétaires. L’effet indirect pour les locataires doit être regardé, souligne-t-il. Comme on peut s’assurer, via la diffusion de l’information, et travailler avec les partenaires impliqués pour qu’il y ait une partie de l’effet direct qui soit transmis aux locataires.»

Les partis d’opposition n’ont pas tardé à dénoncer cette iniquité envers les locataires. «C’est un allègement du fardeau fiscal pour les propriétaires d’immeubles, pour les propriétaires de maison», a lancé le critique libéral en matière de finances, Carlos Leitao. De plus, il souligne que les propriétaires d’une maison à Westmount bénéficieront d’une économie plus importante, puisque la valeur de leurs maisons est généralement plus élevée.

Le ministre des Finances, Éric Girard
Photo d'archives, Simon Clark

«Grave injustice»

Même son de cloche du côté du Parti québécois, qui fait valoir que la loi permet aux propriétaires de refiler les hausses de taxes aux locataires, alors que rien n’est prévu en cas de baisse. «C’est une grave injustice», estime la critique péquiste en matière d’éducation, Véronique Hivon.

Le ministre des Finances, Éric Girard
Photo Simon Clark

Québec solidaire a abondé dans le même sens, tout en soulignant que les sommes prévues pour dédommager les commissions scolaires auraient pu aller en services aux élèves. «J’ai rarement vu un ministre des Finances aussi content de se priver de revenus», souligne le critique solidaire en matière de finances, Vincent Marissal.