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Bébé, il fait froid dehors

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J’haïs les chansons de Noël pour m’en confesser.

J’ai des crises d’urticaire quand j’entends Petit papa Noël. Feliz Navidad me fait grincer des dents.

Pourtant, je vous fais une promesse : je vais écouter en boucle jusqu’au 25 décembre Baby, It’s Cold Outside.

Juste pour protester contre la débilité ambiante, un gros doigt d’honneur aux excités de la rectitude politique qui voient dans cette chanson inoffensive un appel au viol et la censure.

Y FAIT FRETTE

Des stations de radio aux États-Unis et au Canada ont décidé de retirer cette chanson de Frank Loesser, ce classique du temps des Fêtes, parce qu’on prétend que dans le contexte de #MeToo (#MoiAussi), ce n’est plus convenable de chanter une chanson dans laquelle un homme tente de retenir une femme dans une maison en lui disant qu’il fait froid dehors.

Même l’auguste CBC l’a retirée de sa liste de tounes du temps des Fêtes (mais Claude Saucier, qui anime C’est si bon à Ici Musique, a promis qu’il continuerait à la faire jouer).

Je comprends fort bien qu’après les affaires Harvey Weinstein et Bill Cosby on soit plus prudent sur ce qu’on regarde et écoute, mais ce n’est pas une raison pour faire du révisionnisme historique. La chanson date de 1944 et elle remportait l’oscar de la meilleure chanson de film pour son utilisation dans La fille de Neptune avec Esther Williams, en 1950.

C’est clairement un dialogue entre deux êtres humains qui ont vraiment envie de passer la nuit sous les draps, mais vu l’époque, la femme ne peut se permettre de paraître « aimer ça », car elle risquerait de passer pour une fille facile.

« C’est clairement une incarnation, une illustration de la culture du viol. Je pense que c’est clairement du harcèlement sexuel », a déclaré la chroniqueuse/auteure/militante Lili Boisvert au TJ de Radio-Canada. Quelle surprise ! Une féministe 2.0 offensée !

Dans le film La fille de Neptune, la chanson est d’abord chantée par un homme qui retient une femme... puis par une femme qui retient un homme et ne veut pas qu’il sorte dans le froid.

Mais ça, évidemment, les Offensés Permanents qui voient des prédateurs sexuels partout ne le voient pas.

Ils écoutent Baby, It’s Cold Outside, ils lisent les paroles « Say, what’s in this drink ? » (Dis, qu’y a-t-il dans ce verre ?) et ils y voient une tentative d’empoisonnement à la drogue du viol (GHB). Ils ne voient pas le sous-entendu : « J’ai vraiment envie de toi, mais je n’ai pas le droit de l’exprimer ainsi, alors je blâme l’alcool qui me monte à la tête ».

Ces nouveaux curés ne se rappellent pas ce que c’était, à une certaine époque, de... flirter ?

Ce tango qui se danse à deux entre des êtres qui se plaisent et qui s’amusent à faire un pas en avant, un pas en arrière ? Oui, les poussinots, je vous parle d’un temps que vous ne pouvez pas connaître, mais à une certaine époque, les hommes et les femmes jouaient au jeu... de la séduction !

LE MONSIEUR EN ROUGE

Je me pose juste une question : dans la chanson J’ai vu maman embrasser le père Noël, est-ce que le père Noël est consentant ?