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8 ans de prison pour le voleur au chocolat

Il a drogué sept personnes âgées avant de les flouer

Hamid Chekakri
Photo courtoisie, SPVM Hamid Chekakri

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Un Algérien qui a commis des vols chez sept personnes âgées après leur avoir fait avaler des chocolats dans lesquels il avait ajouté un puissant tranquillisant a écopé de huit ans d’incarcération, vendredi à Montréal.

Hamid Chekakri a admis avoir dérobé de l’argent, des bijoux et d’autres effets personnels dans quatre résidences de Montréal et dans une autre à Ottawa, après avoir drogué leurs occupants au clonazépam (un médicament aussi connu sous le nom de Rivotril), entre novembre et décembre 2017.

Arrivé au Canada depuis peu, celui qui a été surnommé « le voleur au chocolat » a sévi en utilisant toujours la même ruse.

Se présentant sous une fausse identité, le récidiviste de 47 ans entrait en contact avec des personnes « âgées et vulnérables » qui avaient mis leur propriété en vente, a relaté le procureur de la Couronne, Hugo Rousse.

Fêter la vente...

Sous des airs « bienveillants », Chekakri manifestait son intérêt pour visiter puis acheter leur demeure, alors qu’en fait son tour du proprio ne servait qu’à localiser ce qu’il pouvait y dérober.

Chekakri s’empressait ensuite de « fêter la vente » en prétextant qu’il était de coutume, dans son pays, de célébrer la transaction avec les vendeurs.

Le beau parleur offrait alors une bouteille de vin ou de champagne aux victimes, ainsi qu’une boîte de chocolats qu’il déballait et, dans certains cas, qu’il mettait lui-même dans leurs bouches.

« J’ai ressenti l’effet presque immédiatement. J’ai senti mes jambes devenir molles, et après, je ne me souviens de rien », a relaté au Journal l’une de ses victimes, Berthe Cadorette, 72 ans, qui n’avait repris conscience que le lendemain du larcin.

La présence de clonazépam – une benzodiazépine notamment utilisée comme sédatif et anticonvulsif – a été décelée dans l’urine de toutes les victimes et dans des chocolats trouvés chez elles par la police.

« J’ai fait une erreur »

Me Rousse a précisé que les victimes sont restées craintives et anxieuses.

« Je vis dans la peur », a dit une femme de 77 ans qui a dû être hospitalisée durant trois jours après avoir avalé un chocolat contaminé par Chekakri.

« Je suis très désolé et je demande pardon aux victimes. Je sais que j’ai fait une énorme erreur », a bredouillé le fautif après avoir plaidé coupable.

« Ça fait beaucoup d’erreurs, vous ne trouvez pas ? », a rétorqué le juge Thierry Nadon.

Chekakri a lui-même avoué au SPVM qu’il a déjà été condamné à 40 mois de prison à Hong Kong et à quatre ans de taule en Chine pour avoir usé du même stratagème et du même médicament sur d’autres victimes, depuis le début des années 2000.


Traqué par le SPVM et Interpol après avoir fui le pays, Hamid Chekakri avait été appréhendé le 31 mars dernier à l’aéroport d’Atlanta, aux États-Unis. Il sera sans doute expulsé du Canada à l’expiration de sa peine.