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La pénurie imaginaire

Periode des questions
Photo Simon Clark Le ministre de l’Immigration et leader parlementaire Simon Jolin Barrette est félicité par le Premier ministre du Québec François Legault pour le dépôt du Plan d’immigration du Québec 2019.

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François Legault a réduit les seuils d’immigration de 52 000 à 40 000 personnes. C’était suffisant pour soulever l’ire de l’opposition et faire sangloter théâtralement le gouvernement Trudeau. Ces douze mille immigrants de moins, à supposer qu’ils trouvent tous un emploi, contribueraient à combler notre prétendue pénurie de main-d’œuvre.

Mentir

Voltaire avait écrit : « Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours. » L’escouade pro-immigration a manifestement suivi ce vicieux conseil !

Selon Statistique Canada, le taux de chômage est à 5,3 % pour l’ensemble de la population. Or, il est de 7,6 % chez les immigrants. Il grimpe même à 12,2 % chez ceux qui ont immigré au cours des cinq dernières années. Par contre, il plonge à 4,7 % chez la population née au Québec.

Les chiffres sont éloquents. Il n’y a pas de pénurie de travailleurs immigrants. Bien au contraire ! Il faut donc une sacrée dose de mauvaise foi pour déchirer sa chemise à cause de l’initiative caquiste.

Pénurie

Avant d’ouvrir davantage les frontières, le bon sens prescrit que l’on commence par embaucher les immigrants qui gonflent déjà le taux de chômage.

D’une part, nous en avons la responsabilité morale. On ne peut faire venir des travailleurs pour ensuite les abandonner à la précarité. Si leurs qualifications ne répondent pas aux besoins du marché du travail, il faut les former rapidement, et non en augmenter bêtement le nombre.

D’autre part, nous en serions tous économiquement gagnants. Un chômeur est un passif pour la société. En revanche, un travailleur, parce qu’il produit, paye des impôts et fait fonctionner le système, est un actif.

Des milliers d’immigrants souhaitent travailler. Leur offrir des opportunités d’emploi devrait être la priorité. Mais il n’en est rien. Accroître l’immigration est devenu une idée fixe. Une grave pénurie afflige effectivement le Québec... une pénurie de bon sens dans les instances politiques !