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Mouvement des «gilets jaunes»: Macron tremble de peur

Emmanuel Macron, président français
Photo AFP Emmanuel Macron, président français

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Le gouvernement français a peur. Les « gilets jaunes » manifestent encore aujourd’hui à Paris. Depuis des semaines, ils bloquent les dépôts de carburants. Des stations-service manquent d’essence.

Divers groupes se sont joints au mouvement : les étudiants, les camionneurs, les ambulanciers, les retraités...

1. La république et la démocratie sont-elles vraiment menacées ?

Partout, y compris au sein du gouvernement, des personnalités publiques avertissent que l’avenir de la République et de la démocratie est en jeu. Ces avertissements sont très exagérés. C’est que l’armée et la police obéissent toujours aux élus. Il n’y a pas de mouvement de désobéissance dans leurs rangs.

2. Comment a évolué le mouvement des gilets jaunes ?

Le mouvement des gilets jaunes est devenu multiforme. Tellement multiforme qu’il est facile pour tous les citoyens français d’y voir le reflet de leur moindre doléance. Aucune politique ne pourra jamais satisfaire complètement les gilets jaunes, parce qu’il ne sera jamais possible de satisfaire tous les Français à la fois. C’est pourquoi, même si le gouvernement a annulé les hausses de taxes sur le carburant, hausses qui sont à l’origine du mouvement, celui-ci continue à grandir.

3. Le mouvement marque-t-il la fin des politiques sur l’environnement en France ?

À travers le mouvement des gilets jaunes, c’est toute l’organisation sociale, économique et territoriale qui est remise en question. Les banlieues et l’économie des régions se sont développées grâce à l’automobile. Et au-delà de l’automobile, ce sont les coûts de l’étalement urbain, des centres commerciaux et des modes d’approvisionnement agricoles qui sont visés. Plutôt que la fin des politiques environnementales, le mouvement des gilets jaunes appelle à une approche plus globale de l’environnement.

4. Les Français sont-ils fatigués des mesures contre les changements climatiques ?

Les Français moyens trouvent qu’ils font déjà beaucoup d’efforts. Tandis que les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés se sont stabilisées et même ont diminué, ces émissions augmentent en flèche en Chine, en Inde et dans les pays en voie de développement. Au point où les Européens et les Nord-Américains ne représentent plus la majorité des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Dans ces conditions, pourquoi toujours demander plus d’efforts aux citoyens européens, et donc aux Français ? Tout simplement parce que les pays en voie de développement exploitent la mauvaise conscience des anciens colonisateurs. Cette injustice nourrit l’exaspération des gilets jaunes.

5. Existe-t-il un lien entre les gilets jaunes et l’immigration ?

La mauvaise conscience des ex-colonisateurs justifie la signature ce week-end de l’irresponsable pacte de Marrakech sur l’immigration. Il serait trop long d’en examiner ici les invraisemblables promesses faites aux pays en voie de développement ou les ignobles clauses sur la censure contre toute critique du pacte. Mais on remarquera que les travailleurs des pays industrialisés y sont assimilés à des machines que l’on peut remplacer par de la main-d’œuvre immigrante, sans égard à la culture ou aux valeurs nationales. C’est une vision utilitariste et réductrice des citoyens. Une vision multiculturelle néolibérale souvent adoptée par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Or, cette vision est rejetée par une majorité de gilets jaunes.