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Un Olivier dans la gorge

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J’ai vu pas mal de spectacles d’humour cette année. Certains étaient hilarants, d’autres moins. Certains étaient pissants, d’autres plus faibles. Mais dans chacun de ces spectacles, j’ai trouvé matière à m’amuser. Or, je peux dire que j’ai moins ri en deux heures et demie hier en regardant le gala des Olivier que dans n’importe quel des spectacles d’humour que j’ai vus au cours des 12 derniers mois. C’est quand même assez spécial, un gala célébrant l’humour qui ne fait pas rire.

RAS LES PAQUERETTES

En fait, le seul numéro qui m’a fait rire, mais vraiment de bon cœur, c’est celui où des humoristes chantaient tous les commentaires méchants concernant les humoristes lus sur Twitter.

Preuve que les meilleurs humoristes sont ceux qui ne savent même pas qu’ils sont drôles.

On n’a pas beaucoup ri pendant ce gala, mais par contre on a eu droit à une vaste panoplie de vulgarités, de sacres, et de blagues pipi, caca, prout, poil, vulve et compagnie.

Gracieuseté de Marie-Lyne Joncas du duo d’humoristes Les grandes crues :

« La femme est pas cousue de la noune au cul, qu’elle est déjà sur Instagram. »

Dans le pré-gala, Mariana Mazza a lancé à Mario Tessier : « T’es qui toi, chris ? »

« Tu peux te le rentrer où tu veux » a lancé Anaïs Favron au sujet de la statuette des Olivier, faisant référence à Hubert Lenoir qui s’était rentré son Félix dans la gorge.

Les Denis Drolet ont lancé aux deux animateurs de la soirée Philippe Laprise et Pierre Hébert : « Nous autres on vous hait, hostie. »

Mike Ward a été tout en élégance en montant chercher son trophée : « Moi, dans vie, j’suis drôle en tabarnak. »

Philippe Laprise a dit, subtilement : « Si j’avais à me crosser, ce serait avec la crème XYZ. Elle est pas juste hydratante, elle glisse en criss. »

Marie-Lyne Joncas encore : « La madame hait pas ça être pompette quand elle se fait pomper le cul. »

Dans un extrait de spectacle de Simon Gouache : « Il peut péter des noix de Grenoble avec sa raie. »

Pendant un extrait d’un balado humoristique, on a entendu : « Un humoriste, c’est un mangeux de marde. »

Je pensais qu’on aurait un pause pendant la pub, mais on a eu droit à une annonce pour ComediHa qui se concluait par un retentissant : « Rions, crisss ! »

Michel Courtemanche a déclaré subtilement en présentant une catégorie : « On va faire ça vite parce que j’ai un petit problème de diarrhée. »

On a aussi entendu au cours de cette soirée : « T’es tellement beau, j’veux te fourrer » et « Sti qu’est chaude Mariana Mazza », « J’te crache dans crack, hostie ».

UN PEU PLUS HAUT, UN PEU PLUS LOIN

J’imagine déjà que la confrérie des humoristes va me traiter de matante en lisant ce texte ou qu’un finfinaud va me dire de « manger d’la m... » sur les médias sociaux, mais je persiste et signe et je leur pose sincèrement la question : « Êtes-vous obligés de tomber aussi bas, d’aller en bas de la ceinture pour nous faire rire ? »