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Gilets jaunes: négociations publiques

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L’art de la négociation en 2018 a bien changé avec la venue des médias sociaux et des chaînes de télévision 24 h.

Il devient de plus en plus difficile de ne pas négocier sur la place publique à travers le prisme des médias lorsque de grands mouvements de contestation se font entendre.

C’est notamment le cas de la contestation des « gilets jaunes ».

Le gouvernement craque

Les manifestations qui ont lieu depuis trois semaines ont finalement amené le gouvernement à répondre, par la voix du président Macron, en proposant plusieurs mesures économiques notamment la hausse du salaire minimum et la fin des charges sur les heures supplémentaires.

Si Macron voyait dans cette adresse à la nation une façon de reprendre le contrôle et de mettre un terme aux mobilisations, la réponse de plusieurs porte-parole des « gilets jaunes » fut plutôt de maintenir la pression, car le gouvernement montrait des signes de fatigue. À preuve, les nouvelles mesures annoncées. Bref, ils voient encore une possibilité d’aller chercher plus, comme dans une négociation publique.

Qui négocie ?

Le problème avec ces négociations publiques des « gilets jaunes » c’est l’impossibilité d’identifier les véritables leaders et de rejoindre l’ensemble des contestataires pour leur exposer les propositions gouvernementales. Car, contrairement à des négociations syndicales, où chaque partie est responsable d’expliquer à ses membres les propositions sur la table, ici, à l’exception du gouvernement dûment élu, il n’existe pas d’obligations de la part des manifestants d’analyser les recommandations et de faire une contre-proposition.

Cela devient donc une épreuve de relation publique pour le gouvernement en place et il n’a pas beaucoup de place à l’erreur.

En fait, notre système démocratique est bien mal adapté à ce type de discussions publiques. Il faudra pourtant que nous trouvions une nouvelle zone d’échanges, puisque ces manifestations risquent de se multiplier à l’avenir.