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Les journaux sont des vaches à lait

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Au Canada comme dans le reste du monde, les journaux en arrachent. Si certains journaux réussissent à s’en tirer de justesse, plusieurs crèvent. De grands groupes sont même au bord de la faillite­­­.

L’internet et ses principaux moteurs de recherche sont les premiers, sinon les seuls responsables de la misère des journaux. Les géants comme Google, Yahoo et les autres volent littéralement l’information que recueillent à grands frais journalistes, reporters et bureaux d’enquête.

À plus petite échelle, la situation n’est pas sans rappeler les débuts de la câblodistribution au Canada. Sans aucun

état d’âme, des entrepreneurs captaient alors sur les postes frontaliers américains le signal des réseaux qu’ils redistribuaient par câble à leurs abonnés canadiens. Mine de rien, ces petits futés ont jeté les bases de nos grandes entreprises actuelles de distribution en volant des signaux de l’étranger.

LES NOUVEAUX VOLEURS

Le Canada a finalement mis fin au manège peu orthodoxe des câblodistributeurs canadiens en les obligeant à payer des droits. Si ce fut assez facile de leur forcer la main, l’histoire risque d’être bien différente avec les géants de l’internet sur lesquels les gouvernements ont peu ou pas de prise.

Pour l’instant, même si la France et d’autres pays d’Europe­­­ voudraient bien que Google et les autres « agrégateurs » d’information paient des droits aux éditeurs de journaux, l’affaire est loin d’être dans le sac. Les agré­gateurs vont se battre jusqu’au sang pour continuer d’utiliser gratuitement le contenu des journaux.

Ces agrégateurs n’emploient aucun journaliste ni aucun recherchiste. Dans leurs bureaux, on ne rédige pas une ligne. On ne fait que recueillir et agencer les nouvelles que les journaux publient. Si on refuse de payer quelque droit que ce soit aux éditeurs, c’est qu’on prétend que le contenu qu’on publie sur internet favorise les journaux, qu’il les fait connaître et attire des lecteurs sur leurs sites, ce qui est aussi faux que prétendre que la terre est plate.

LA PUBLICITÉ EN LIGNE EXPLOSE

C’est grâce à ces innombrables contenus que Google, Yahoo et les autres accaparent, qu’ils sont suivis par autant d’internautes, et c’est grâce au nombre grandissant des internautes qu’ils peuvent vendre de plus en plus de publicité.

La publicité en ligne dépasse désormais de beaucoup celle de la télévision et elle est six à sept fois plus élevée que la publicité dans les journaux. Il n’y a pas si longtemps, la publicité était la principale source de revenus de la télévision et des journaux. Cette ère est terminée et ne reviendra pas.

DES CRÉDITS D’IMPÔT

Dans les mois à venir, le gouvernement fédéral doit mettre au point un système de crédits d’impôt afin d’aider les journaux à survivre. Des crédits d’impôt qui ne seront pas faciles à déterminer et qui risquent de durer des décennies.

Finalement, les contribuables seront donc appelés à compenser le manque à gagner dont sont responsables ceux qui vivent et prospèrent en parasitant les journaux.

La plupart des internautes ne s’en rendent pas compte, mais les journaux, qu’ils ne lisent ni sur papier ni sur tablette, sont devenus les vaches à lait des géants de l’internet qu’ils suivent régulièrement.