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La fracture

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Les militants de Québec solidaire réunis en conseil national ont expulsé les journalistes de leur débat sur la laïcité.

Le sujet s’avère un point de tension au sein de la formation politique et ses membres refusent d’afficher leurs divisions sur la place publique. En agissant ainsi, ils appliquent l’adage affirmant qu’on lave son linge sale en famille, mais cela ne les met pas à l’abri des scissions.

Un débat polarisant

Jusqu’à maintenant, QS s’était accommodé du compromis Bouchard-Taylor sans trop de conviction et sans inquiétude parce que les libéraux avaient tabletté le rapport de la commission.

La volonté du gouvernement Legault d’interdire le port de signes religieux pour certains employés de l’État a toutefois ravivé l’ardeur de militants qui ne se satisfont pas de la position actuelle. Certains s’opposent à toutes interdictions, alors que d’autres l’étendraient à l’ensemble des employés de l’État.

La co-porte-parole Manon Massé a voulu se faire rassurante en rappelant que sa formation a déjà eu des débats difficiles. Il est cependant loin d’être sûr que les positions se révélaient aussi tranchées que celles énoncées sur le port des signes religieux.

On peut douter de la possibilité de rapprocher les différents camps et l’on ne devrait pas se surprendre du départ de plusieurs militants à la fin de l’exercice.

Un parti à son image

La dernière campagne électorale québécoise nous a fait voir à quel point l’attachement à un parti est de plus en plus ténu, et combien il est facile de passer de l’un à l’autre sans scrupules.

Dans la consultation qu’il mènera, QS devra considérer l’appui massif des Québécois aux propositions du gouvernement ainsi que son appréhension à l’égard de la montée de l’islamisme.

Cruel dilemme pour un parti que de sacrifier une frange de ses membres. C’est cependant le prix à payer pour être en phase avec le peuple tout en demeurant à gauche.