/news/politics
Navigation

Dérives sectaires : le PQ veut une commission parlementaire

Pascal Bérubé, chef du Parti Québecois par intérim.
Photo d'archives, Agence QMI, Toma Iczkovits Pascal Bérubé, chef du Parti Québecois par intérim.

Coup d'oeil sur cet article

Interpellé par les sorties médiatiques de la tante d’Éloïse Dupuis, le Parti québécois demande au gouvernement Legault d’étudier le phénomène des dérives sectaires à l’Assemblée nationale dès la rentrée parlementaire.

Le chef du PQ par intérim, Pascal Bérubé, a écrit jeudi au président de la Commission des institutions, Benoit Charette, afin qu’une commission parlementaire étudie «la possibilité que des actes illégaux puissent être commis impunément par des groupes à dérives sectaires qui invoqueraient la liberté de religion».

«Relativement au phénomène des groupes à dérives sectaires, nous croyons que la responsabilité nous incombe d’entendre des experts et de faire en sorte que les parlementaires puissent bénéficier d’un portrait d’ensemble», écrit Pascal Bérubé dans la lettre obtenue par le Journal.

Le sujet est revenu dans l’actualité l’automne dernier quand la tante d’Éloïse Dupuis a interpellé le gouvernement Legault dans les pages du Journal. Manon Boyer milite pour mettre un terme aux dérives sectaires depuis que sa nièce, une jeune témoin de Jéhovah de 27 ans, est décédée en octobre 2016 après avoir refusé une transfusion sanguine lors de son accouchement.

Débat public

À la suite d’une rencontre privée avec Mme Boyer, la ministre de la Justice, Sonia LeBel, a promis d’étudier le phénomène, conjointement avec sa collègue à la Santé, Danielle McCann, et le responsable du dossier de la laïcité, Simon Jolin-Barrette.

Mais une commission parlementaire permettrait de tenir un débat public sur la question, rappelle Pascal Bérubé. «Je veux bien croire qu’il y a des ministres qui vont s’y attarder, mais ça ne remplace pas une commission parlementaire, dit le chef péquiste par intérim. La réflexion qu’ils feront va contribuer aux travaux. Et les auditions publiques permettraient d’avoir un débat public plus sain, au lieu d’un comité derrière des portes closes.»

Sous le gouvernement Couillard, le PQ avait déjà demandé la tenue d’une telle commission parlementaire, sans succès. Une motion en ce sens avait d’ailleurs été appuyée par la CAQ, rappelle Pascal Bérubé.

«Ça nous apparaît comme étant un enjeu qui est important, qui transcende notre société, et qu’on peut aborder avec beaucoup de sérénité à l’Assemblée nationale», dit-il.