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Le pacte de suicide

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Près de 150 pays ont adopté le Pacte mondial sur les migrations de l’ONU. Officiellement, il s’agirait d’une coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière ».

Les États-Unis ont été les premiers à rejeter cette entente. Depuis, une quinzaine de pays ont suivi l’exemple américain. En revanche, sans débat de société et au mépris du processus démocratique, le Canada a approuvé l’accord. N’en déplaise à l’escouade anti-Trump, c’est le président américain qui manifeste ici le plus de sagesse !

Fumisterie

L’immigration présente certes d’incontestables vertus. Mais derrière sa formulation ronflante et ses intentions grandiloquentes, ce pacte, qui remplace sournoisement le terme « immigration » par « migration », est une fumisterie. En déclarant que la migration est un « droit humain », il affaiblira de manière potentiellement irréversible la souveraineté des pays en matière de gestion des frontières.

Jusqu’à présent, le Canada était libre de décider de tous les aspects de sa politique d’immigration. Cette liberté lui permet d’augmenter ou de diminuer les conditions et les seuils d’immigration en fonction des circonstances nationales et internationales. Ottawa a d’ailleurs usé, voire abusé, de cette latitude.

Alors pourquoi donner à une organisation supranationale le contrôle de l’immigration ? Pourquoi abdiquer volontairement et avec enthousiasme une liberté qui doit, en principe, servir les intérêts nationaux, pour lui substituer un cadre d’intervention qui ne servira que les intérêts onusiens ?

Obligation

Certes, le Pacte est dit « non contraignant ». Pour l’instant ! Car il faut être naïf pour ne pas y voir un processus évolutif. Rapidement, l’obligation morale deviendra une obligation légale sans retour possible.

Trump a compris que le contrôle des frontières, la sécurité nationale et la cohésion sociale sont non négociables. Justin Trudeau, lui, sacrifie joyeusement les droits des Canadiens au profit du « droit humain à la migration ». Il fallait s’y attendre. Pour réaliser son utopie d’un Canada postnational, il doit préalablement orchestrer un suicide national !