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Alvarez, Lemieux et New York

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Photo AFP Pas de doute, Canelo Alvarez a conquis New York.

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NEW YORK | Frank Sinatra l’a tellement bien chanté : « If you can make it there... » ( « si tu peux réussir à New York, tu vas réussir n’importe où »).

New York et Canelo Alvarez étaient faits pour s’entendre. Pour s’aimer.

Toute la semaine, les grands écrans publicitaires de Broadway éclairaient la nuit avec le visage roux du champion mexicain. Le Madison Square Garden se préparait pour la noce.

Le cocktail de bienvenue avant la grande noce a été un peu ordinaire. Sans chauvinisme, l’absence de David Lemieux et de son charisme animal dans le ring a fait mal à la soirée. Ce qui a servi de cofinale s’est étiré sans trop d’excitation.

Mais quand on s’est approché de l’entrée en scène de Canelo Alvarez, on a senti frémir le building. Et tout d’un coup, c’est l’espagnol qui est devenu la langue de la soirée. Le chanteur qui nous a offert une ennuyante performance du God Save the Queen n’a pas réussi à endormir les 20 000 spectateurs.

Et avant qu’on ait droit à un criard hymne américain, une belle chanteuse dans une robe rappelant les couleurs du Mexique a servi un vibrant hymne du Mexique. La salle, déjà debout, a laissé crier son amour du pays lointain et de son fils.

C’était magique.

UNE RUE MEXICAINE

Une heure plus tard, j’étais sur la 7e Avenue au milieu d’un raz de marée hispanique avec Mathieu Boulay et Jacques Thériault. Des Mexicains et des Américains d’origine mexicaine, un bandeau au nom de Canelo cernant la tête, mimaient une attaque de Canelo ou revivaient un moment clé du combat. Rien d’inquiétant, juste des fans transportés par ce qu’ils venaient de voir.

Canelo venait de conquérir New York. Las Vegas lui appartenait déjà, il venait de faire tomber la Grosse Pomme.

Avec mes collègues, un peu sonnés par le spectacle auquel on venait d’assister, on discutait par bribes de phrase de ce que Canelo Alvarez venait de montrer à David Lemieux et à ceux qui espèrent toucher une part de ses millions.

C’est simple, il était intouchable à 154 livres, Golovkin l’a ralenti lors de leur premier combat à 160 livres avant de perdre le deuxième match, et là, à 168 livres, il venait d’offrir une formidable démonstration de vitesse et de puissance. Cet homme est un animal dans le ring. Un animal intelligent. Curieusement, c’est la définition philosophique d’un homme. Un animal raisonnable.

ET DAVID LEMIEUX ?

Dans la cohue mexicaine, c’était difficile de garder la tête froide. Thériault, Boulay et moi, on se posait la même question : Comment David Lemieux se comporterait-il devant pareil déchaînement de puissance et de sens inné de la boxe ?

Dans la nuit de samedi à hier, encore imprégnés de l’explosion subie par Rocky Fielding, nous avions une réponse évidente : jamais David n’aurait pu venir à bout de cette machine humaine.

On a mal dormi pendant quelques heures et le lendemain, hier, on se posait une autre question : De quoi aurait eu l’air David Lemieux contre Rocky Fielding samedi à New York ?

La réponse, on la connaissait tous. Mais c’est Luc-Vincent Ouellet, un des bons hommes de coin sur la planète, qui a le mieux résumé ce qu’on pensait déjà. Surtout que Ouellet est reconnu pour son franc-parler et sa franchise.

« Rocky Fielding aurait eu l’air encore plus fou contre Lemieux. Ç’aurait été pire », a-t-il simplement lâché en triturant un muffin en attendant son vol à La Guardia.

La boxe est ainsi faite. Il faut comparer les performances selon un point commun sinon on ne s’y retrouve pas. Question de style. Pour avoir une idée de ce que pourrait faire Lemieux contre Alvarez, il faut voir comment ils se sont comportés dans des situations semblables.

Je pense que Lemieux aurait démoli Fielding. Pas de doute. Mais l’aurait-il fait avec la même précision chirurgicale et la même puissance contrôlée ?

Lemieux a été mis hors de combat par Gennady Golovkin, Canelo a fini par battre le champion kazakh.

Samedi, Canelo s’est battu à 168 livres. Lemieux ne l’a pas encore essayé.

Chose certaine, vers minuit dans le Madison Square Garden, trois journalistes québécois se posaient la même question : Comment David Lemieux peut-il se préparer à affronter pareille tornade ? Que ce soit à 160 ou à 168 livres.

Mais puissance contre puissance, tout peut toujours se jouer.

Peut-être un jour...

Quelle année quand même !

Quelle année quand même ! Pyeongchang pendant trois semaines, Victoria et Vancouver pour Adam Braidwood, Las Vegas, New York, Moscou pendant deux semaines... et Shawinigan. Il ne faut jamais oublier Shawinigan.

Sans parler de tout le reste. Max Pacioretty, Carey Price, Adonis Stevenson...

Ce fut donc une saprée année. Comme je les aime. Pas trop de niaisage, des comptes de dépenses remboursés avec célérité, des événements parfois grandioses et parfois tout simplement émouvants.

EN JANVIER

Je vous souhaite donc de bonnes Fêtes un peu à l’avance, comme le fait parfois un père divorcé, parce que je ne reviens pas dans ces pages avant janvier 2019.

Je me réfugie à l’Entourage sur-le-Lac à Lac-Beauport pour une couple de semaines. Ski de fond, lecture, télé, amour et amitié en priant pour que le CH continue de gagner sa part de matchs. Vous êtes tellement de meilleure humeur quand vos p’tits gars en gagnent une couple.

Joyeux Noël et bonne année et on se retrouve tous... si Dieu le veut !