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Voici les 10 tendances qui vont changer les façons de vendre et d’acheter en 2019

Les consommateurs québécois font un usage croissant de la technologie pour magasiner

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Le secteur du commerce au détail continuera de se transformer à la vitesse grand V en 2019 alors que de plus en plus de consommateurs s’appuient sur la technologie pour magasiner et compléter leurs achats.  

«Les détaillants qui ne sont pas sur le web aujourd’hui manquent d’énormes opportunités de vente», résume le vice-président principal de la firme de commerce en ligne Absolunet, Charles Desjardins.   

Charles Desjardins<br>
<i>V.-P. principal Absolunet</i>
Photo courtoisie
Charles Desjardins
V.-P. principal Absolunet

Ce dernier observe que les grandes marques investissent maintenant massivement dans le commerce électronique afin d’aller dialoguer directement avec les consommateurs sur le web.   

Au Québec, deux grandes marques connues dans le secteur du plein air, soit Louis Garneau et Pélican, ont décidé récemment de lancer leur propre plateforme de vente en ligne.   

Le détaillant Louis Garneau va d’ailleurs plus loin, lui qui offre aussi ses produits sur le site Amazon tant aux É.-U. qu’au Canada.   

En pleine croissance  

D’après Absolunet, le commerce en ligne représentera bientôt 15 % de toutes les ventes au détail en Amérique du Nord (23 % en Chine) tout en influençant près de 60 % des achats des consommateurs.   

D’où l’importance pour les détaillants de bien intégrer l’expérience en ligne à l’expérience en magasin pour gagner des ventes.   

Les récentes données compilées par le CEFRIO indiquent que plus de 40 % des adultes québécois font maintenant au moins un achat en ligne tous les mois. Ce taux s’élevait à 28 % il y a cinq ans.   

Au Québec, Amazon domine toutefois ses concurrents alors que 4 Québécois sur 10 qui magasinent en ligne le font sur sa plateforme. Outre Amazon, les plateformes les plus populaires au Québec demeurent eBay (12 %), Walmart (4 %), La Baie (3 %), BestBuy (3 %), Wish (3 %), Netflix (3 %), AliExpress (3 %) et Costco (2 %).    

*Source du top 10: Absolunet  

1. Les consommateurs activistes   

Le détaillant Sportium fait activement la promotion de sa collection écologique. Sur la photo, le PDG de Sail, propriétaire de Sportium, Norman Décarie.
Photo d’archives, Martin Alarie
Le détaillant Sportium fait activement la promotion de sa collection écologique. Sur la photo, le PDG de Sail, propriétaire de Sportium, Norman Décarie.

Les valeurs des consommateurs influenceront fortement le comportement d’achat (et celui des marchands).   

Les consommateurs sont de plus en plus conscients de l’empreinte écologique et éthique de leurs achats, y compris les achats numériques et ses impacts «réels ou cachés», sans oublier le coût du commerce électronique et du consumérisme en général.   

Les consommateurs poseront de plus en plus ces questions : Avait-on vraiment besoin d’utiliser une si grande boîte? Sur quelle distance cela a-t-il été expédié? Comment et où ce produit est-il fabriqué? Cette marque est-elle socialement responsable?   

Par exemple, le détaillant Sportium consacre une partie de ses activités de marketing et de marchandisage à sa collection écologique, où les «marques et produits à l’écoute de la planète» forment une catégorie à part entière.   

2. La fin des retours gratuits?   

Le commerce de détail a un gros problème qui se chiffre à 400 milliards $ et qu’il ne peut plus ignorer.   

Les taux de retour des ventes en eCommerce sont deux à quatre fois plus élevés que dans le commerce «brique et mortier».   

Ainsi, 44 % des détaillants affirment que les marges sont fortement «impactées» par la manutention et l’emballage des marchandises retournées.   

En 2018, Amazon a annoncé la mise en place d’une interdiction à vie pour les «retourneurs en série», soit les clients qui ont l’habitude de retourner la plupart de leurs achats.   

L’année 2019 verra donc une multitude d’initiatives de vente au détail visant à décourager les retours.   

Au Canada, H&M n’accepte plus les retours en magasin des achats en ligne, ce qui oblige les consommateurs à recourir à la livraison et à assumer le port.   

3. Taxes de vente : le congé est terminé   

Les consommateurs paieront désormais les taxes de vente applicables sur tous leurs achats, et les marchands devront gérer ces taxes dans de nombreux territoires de compétence.   

Aux États-Unis, dans les mois qui ont suivi l’affaire Dakota du Sud contre Wayfair, plus de la moitié des États ont adopté une taxe de vente en ligne ou le feront en 2019.   

Les marchands et les fournisseurs de solutions accéléreront leurs discussions et leurs initiatives en matière de taxation et d’exigences de rapports relativement au eCommerce.   

Amazon perçoit déjà la taxe de vente dans tous les États sur les produits qu’elle vend directement.   

4. Le eCommerce sur mobile sera 2 fois plus rapide   

Photo courtoisie

Le eCommerce mobile est sur le point de devenir infiniment plus rapide et plus fluide.   

Les marques et les détaillants commenceront à passer des sites et des applications à une nouvelle norme : l’application web progressive.   

Caractéristiques des PWA, ce qui permettra un chargement de 2 à 10 fois plus rapide que les sites mobiles.   

Les applications, telles que nous les connaissons, sont vouées à disparaître.   

Lorsque la marque Lancôme a refait son site mobile en PWA, les conversions ont augmenté de 17 % et les sessions mobiles de 51 %.   

5. Les médias sociaux deviennent transactionnels   

Les consommateurs pourront «ACHETER» directement sur les plateformes sociales.   

L’achat social est déjà la norme en Chine, où 55 % des utilisateurs d’applications sociales ont déclaré acheter des biens ou services directement à partir d’une application sociale.   

Les services de messagerie privée, dont la popularité explose, devraient également devenir transactionnels.   

WhatsApp, Snapchat et Facebook Messenger affichent des indicateurs d’engagement qui se chiffrent dans les milliards.   

On rapporte qu’Instagram travaille sur une application permettant le magasinage intégral fournissant une image, une description de produits et des renseignements sur le prix, ainsi qu’un lien direct vers le site web du marchand où l’on peut finaliser l’achat.   

6. Les détaillants embaucheront leur premier employé IA   

Photo Chantal Poirier

L’intelligence artificielle (IA) aidera les détaillants à créer un contenu de produits plus riche et de meilleure qualité, à améliorer le référencement et à dynamiser le marchandisage.   

Les détaillants en ligne offrent en moyenne de 2 à 10 fois plus de produits qu’il y a 10 ans.   

Or, cette présence en ligne n’est possible que si le contenu de produits est en place (images de produits, vidéo, descriptions, tailles, attributs et produits complémentaires).   

C’est là où les robots entrent en scène. Les solutions basées sur l’intelligence artificielle permettront de plus en plus la création, l’optimisation, la classification, la traduction et la syndication du contenu de produits.   

Par exemple, le détaillant d’accessoires de maison Stokes, qui utilise le système de marchandisage de Dynamic Yield faisant appel à l’intelligence artificielle, a entraîné une augmentation de 26 % du chiffre d’affaires en ligne au cours de la première année.   

7. Le retour du code QR   

Les principaux obstacles à l’utilisation des codes QR ont désormais été éliminés.
Photo Adobe Stock
Les principaux obstacles à l’utilisation des codes QR ont désormais été éliminés.

N’étant plus dépendant des applications, le code QR réalisera son potentiel et aidera les marques à fournir des informations sur les produits.   

N’importe qui possédant le dernier téléphone portable peut désormais utiliser sa caméra pour détecter les codes QR et consulter descriptions, prix et autres informations relatives aux produits.   

En faisant de la détection de code QR une composante native d’iOS et d’Android, Apple et Google ont éliminé le principal obstacle à l’utilisation et à l’adoption du code QR : la dépendance aux applications pour la lecture du code.   

La firme Deloitte prévoit que la part des consommateurs fouinant en magasin avant d’acheter un produit en ligne passera à 48 %.   

8. L’amazonification des grands détaillants   

Best Buy Canada fait partie des 
détaillants qui ont su profiter de leur fort trafic sur le web pour intégrer le marché numérique.
Photo d’archives, Martin Alarie
Best Buy Canada fait partie des détaillants qui ont su profiter de leur fort trafic sur le web pour intégrer le marché numérique.

Concurrencer Amazon en imitant le géant du commerce en ligne et en devenant une place de marché.   

Les 18 plus grands marchés numériques du monde vendent pour plus d’un billion de dollars de marchandises chaque année.   

Les analystes prévoient que les marchés numériques représenteront 40 % du marché mondial de la vente au détail en ligne d’ici 2020.   

Les détaillants qui disposent d’un trafic important ajouteront la fonctionnalité de marché pour saisir de nouveaux revenus grâce aux commissions sur les ventes.   

Par exemple, Best Buy Canada, spécialisé par le passé dans l’électronique, a tiré profit de son trafic exceptionnel (plus de 20 millions de visites/mois) en intégrant un marché numérique.   

9. Le commerce électronique en voiture   

Photo Adobe Stock

L’expression «drive-to-store» acquiert un deuxième sens.   

Selon certaines estimations, une fois que des fonctionnalités de commerce seront intégrées à bord des véhicules, jusqu’à 83 % de toutes les personnes qui font la navette pour le travail effectueront des transactions à partir de leur voiture.   

De la recherche vocale au GPS, en passant par les applications de musique et de podcast, le commerce électronique à bord des véhicules deviendra l’un des principaux moteurs de l’achalandage local.   

Quelque 80 % des utilisateurs mobiles ont recours aux moteurs de recherche vocaux pour trouver une entreprise locale.   

10. La syndication du contenu de produits   

Les marques et les fabricants reprennent le contrôle de leur contenu de produits.   

Les leaders du numérique feront un pas de plus pour améliorer la syndication du contenu de produits.   

La syndication assure ainsi la cohérence entre les canaux et offre aux acheteurs et aux consommateurs l’expérience de magasinage/d’achat la plus complète et la plus pertinente.   

Les marques et les fabricants syndiquent leur contenu pour accroître la notoriété de la marque, la cohérence des renseignements sur les produits, le référencement et les conversions.   

Par exemple, Walmart a imposé des outils de syndication de produits à ses fournisseurs afin de disposer du meilleur contenu de produits sur ses plateformes, et aussi le contenu le plus à jour.   

En chiffres   

55 % des consommateurs soutiennent avoir rencontré un problème avec des achats en ligne.   

90 % des consommateurs disent que l’accès en temps réel à la disponibilité des produits (inventaire) influence le choix des magasins qu’ils fréquentent.   

65 % des consommateurs disent se déplacer en boutique avant de procéder à des transactions en ligne.   

61 % des consommateurs effectuent au moins une activité en ligne avant d’acheter en magasin.   

21 % des produits les plus achetés sur Amazon l’an dernier au Québec proviennent du secteur de l’électronique.