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Julie Le Breton et Patrice Robitaille gagnent-ils le même salaire pour un premier rôle?

L’écart salarial persiste entre les hommes et les femmes dans le milieu culturel

ART-SÉRIE VICTOR LESSARD
PHOTO COURTOISIE

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Deux acteurs comme Patrice Robitaille et Julie Le Breton reçoivent-ils le même cachet pour un premier rôle? Dans son rapport paru lundi, l’Observatoire de la culture et des communications révèle qu’il y a encore du chemin à faire pour atteindre la parité dans le milieu culturel.  

Les femmes gagnent moins et leur salaire augmente moins rapidement que celui des hommes, souligne le rapport, qui a cumulé des données sur une période de 10 ans, de 2005 à 2015. Le revenu médian des hommes dans le milieu culturel était de 38 660 $ en 2015, tandis que celui des femmes était de 33 220 $.   

L’écart s’est creusé entre les salaires des hommes et des femmes depuis 2005. Le revenu des hommes a augmenté de 35 % de 2005 à 2015, et celui des femmes, de 26 %.   

Des 36 professions associées au milieu culturel, 30 d’entre elles enregistrent un écart salarial négatif entre les hommes et les femmes.   

Tous les secteurs  

Au Québec, l’écart de rémunération est présent dans presque tous les secteurs, selon le rapport. Un des écarts les plus importants se trouve chez les techniciens et techniciennes en audiovisuel. La différence entre le revenu médian des hommes et des femmes est de 21 217 $.   

Le directeur général de l’Alliance québécoise des techniciens et techniciennes de l’image et du son (AQTIS), Gilles Charland, exhorte les producteurs de télévision et de cinéma à respecter la Loi sur l’équité salariale adoptée en 1999. «Sur un plateau, les tâches sont les mêmes, que ce soit homme ou femme», a-t-il commenté lundi.   

Toutefois, les techniciens et techniciennes en audiovisuel, souvent des pigistes, ont de la difficulté à négocier leur salaire.   

«Les choses changent»  

L’AQTIS n’est pas la seule organisation culturelle qui milite pour l’équité salariale. Isabelle Mayeur, présidente de l’organisme Réalisatrices équitables, a mis sur pied une coalition, il y a deux ans, pour faire avancer la question de l’équité.   

«En culture, le salaire est souvent une partie d’un budget, a-t-elle expliqué. Si on met en lumière que les femmes qui arrivent à faire des films le font avec un budget moindre, ça veut dire automatiquement qu’elles sont payées moins.»   

Du côté de l’UDA, la présidente Sophie Prégent a indiqué, chiffres à l’appui, que les choses avaient changé depuis 2015, notamment dans le milieu de la télévision.   

Le rapport de l’OCCQ fait état de la rémunération jusqu’en 2015, année où l’UDA a donné «un coup de roue» important pour la sensibilisation de l’équité salariale dans le milieu culturel.   

Depuis trois ans, l’écart se rétrécit dans la masse salariale des hommes et des femmes à la télévision dans le secteur de la fiction, a-t-elle affirmé lundi lors d’un entretien. En 2015, le total des revenus pour les hommes qui ont obtenu un premier rôle représente 60 %, et pour les femmes 40 %. En 2017, les chiffres parviennent presque à s’équilibrer : 56 % des revenus sont attribués aux hommes, et 44 % aux femmes.   

Cela dit, chaque secteur est différent, dit-elle. En théâtre, par exemple, les hommes sont encore plus présents que les femmes. «Les pièces qui ont été écrites il y a 200 ans, on n’y peut rien. Shakespeare, il bat des records d’hommes sur scène. S’il y avait plus de rôles de femmes, on en arriverait à une parité.»   

♦ Depuis l’an dernier, le réseau public britannique BBC est tenu de dévoiler le salaire de ses têtes d’affiche. Seulement deux femmes faisaient partie des vingt vedettes les mieux rémunérées. Le réseau public Radio-Canada n’est toujours pas tenu de dévoiler les salaires de ses vedettes. 

Revenus médians d’emploi selon le sexe   

En 2005   

  •  Hommes : 28 594 $    
  •  Femmes : 26 471 $     

En 2015   

  •  Hommes : 38 660 $    
  •  Femmes : 33 220 $       

Le milieu de la culture et des communications comptait 146 540 travailleurs en 2016. 54 % sont des femmes.