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Cessons de pointer les victimes

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Ma collègue Denise Bombardier a écrit une chronique pour rappeler aux femmes de se méfier et de ne pas croire qu’elles sont égales aux hommes en tout point comme le leur feraient miroiter les féministes. Cela m’a interpellée.

L’échapper belle

Il m’est souvent arrivé de voyager seule avec mon sac à dos et ma liste d’incontournables. Une femme seule en voyage, on aura beau dire ce qu’on voudra, c’est plus compliqué qu’un homme seul. Je devais prendre plus de précautions et m’assurer d’être toujours alerte et capable de me défendre.

Cela m’a permis d’éviter le pire lors d’un séjour en France dans une auberge de jeunesse où quelqu’un, je soupçonne le gars à l’accueil, a tenté de s’introduire dans ma chambre alors que je venais de rentrer tard d’une soirée. Heureusement, j’avais fermé la porte avec le loquet intérieur, mais j’aurais pu l’oublier. Cela aurait-il été ma faute si ce soir-là j’avais été victime d’une agression ? Non.

La responsabilité revient toujours à 100 % à l’agresseur.

Les féministes

Ce n’est certainement pas la faute des féministes si les femmes, encore aujourd’hui, font semblant de parler au téléphone, prennent leurs clés à travers leurs jointures ou marchent plus rapidement quand elles sont suivies tard le soir dans la rue. Ce n’est pas les féministes qui leur font peur ainsi et les obligent à se défendre. Ce sont à 100 % les agresseurs.

Encore faut-il aussi se rappeler que 70 % des femmes connaissent leur agresseur. D’ailleurs, en novembre, l’ONU nous rappelait que le domicile est le lieu le plus dangereux pour les femmes. Ce qui signifie une seule chose : il faut faire plus d’éducation sur le consentement et la violence conjugale. Pas seulement aux hommes, mais à l’ensemble de la société, pour mieux protéger ces femmes qui n’auront pas la même chance que j’ai eue un soir de juillet 2007.