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Le pétrole albertain menace l’humanité, dit Dominic Champagne

Dominic Champagne
Photo d'archives, Simon Clark/Agence QMI Dominic Champagne

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Dominic Champagne estime que l’industrie pétrolière albertaine menace la vie sur Terre, alors que les tensions entre le Québec et la province de l’Ouest sont vives depuis les déclarations du premier ministre François Legault sur son pétrole «sale».

«Ce que je leur dis, c’est qu’on partage le même environnement, la même Terre et malheureusement pour eux, et malheureusement pour nous, leur prospérité est fondée sur quelque chose qui est en train de compromettre les conditions mêmes de la vie sur terre. C’est de ça qu’on est contemporain», a lancé l’instigateur du pacte pour la transition environnementale mardi.

En conférence de presse, il a annoncé qu’il a offert à François Legault un «projet de loi pour assurer le respect des engagements climatiques du Québec comme cadeau de Noël».

M. Champagne a fait ces déclarations alors que les tensions sont vives entre le Québec et l’Alberta en raison de déclarations du premier ministre Legault sur l’énergie «sale» albertaine. Lundi, le maire de Calgary Naheed Nenshi a été hué lorsqu’il a voulu s’exprimer en français devant une foule en faveur de l’industrie pétrolière.

Le metteur en scène reconnaît que la transition écologique doit se faire «avec le maximum de paix sociale». «Il y a des gens qui vivent de l’industrie du pétrole partout au pays, on ne peut pas les laisser tomber. Il faut tenir compte de ce que la raison exige, mais en même temps de ce que l’humanité exige. La transition est aussi une source de prospérité, mais ça nous éloigne du pétrole et du charbon», a-t-il dit.

Le virage vert de Legault

M. Champagne a bon espoir de voir sa pièce législative reprise par le gouvernement caquiste. Non seulement M. Legault critique-t-il le pétrole albertain, mais en plus il a indiqué lors de l’assermentation du conseil des ministres qu’il est préoccupé par les défis environnementaux et qu'il a bien compris le message de la population à ce sujet, souligne-t-il.

Le projet de loi a été révisé par des juristes comme Sébastien Jodoin de McGill, Paule Halley de l’Université Laval et Jean Leclair et Hugo Tremblay de l’Université de Montréal. S’il est repris par la CAQ, la pièce législative forcerait l’État québécois à faire passer à tout projet de loi ou décret ministériel un test : il ne pourrait faire l’objet d’une recommandation «que s’il est compatible avec l’atteinte des cibles de réduction des émissions de GES».

Cela ne bloquerait pas nécessairement tous les projets autoroutiers, comme le troisième lien à Québec, mais astreindrait Québec à choisir avec parcimonie les projets polluants qu’il compte développer.

Un autre article vise à renforcer les pouvoirs du Vérificateur général pour qu’il puisse «enquêter sur le respect des cibles et faire des recommandations.

Le Parti québécois et Québec solidaire ont déjà signifié qu’ils appuieraient le projet de loi s’il était déposé en chambre.