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Bien dormir pour la réussite

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Nos ados ne sont pas conçus pour se lever à l’heure des poules. Même pas pour une cause noble comme l’école. Ce n’est pas un caprice, ni une forme de paresse, ni une manipulation orchestrée par des ados ratoureux. C’est un constat appuyé par des données probantes de plus en plus connues.

L’heure du début de la journée scolaire est un sujet de plus en plus étudié. Nous en parlons ces jours-ci au Québec puisque Le Devoir a relaté le succès du District scolaire de Seattle qui a amélioré significativement les résultats scolaires en repoussant d’une heure le début des classes.

Le cas de Seattle frappe l’imaginaire. On a repoussé de 55 minutes le début de la journée d’école. La plus grande partie de ces minutes sont devenues de précieuses minutes supplémentaires de sommeil. Les résultats scolaires moyens ont bondi de 4,5 points de pourcentage. Énorme.

Multiples problèmes

Les problèmes causés par un lever trop tôt sont très largement documentés par des études scientifiques de toutes sortes. Depuis des années, l’Académie américaine de pédiatrie recommande depuis quelques années que l’école ne commence jamais avant 8 h 30 le matin. Selon eux, le manque de sommeil le matin est associé avec des problèmes de santé mentale, de l’obésité, des résultats scolaires amoindris et une qualité de vie générale détériorée.

L’Académie identifie l’idée de retarder l’heure d’entrée en classe à une « importante mesure de santé publique » basée sur des données probantes. Les experts se réfèrent à des données d’ordre scientifique comme l’horloge biologique interne et le métabolisme à l’adolescence pour soutenir cette thèse. Les mêmes études insistent pour dire à quel point les adolescents ont grandement besoin de sommeil pour fonctionner.

La plus grosse étude canadienne sur le sujet fut publiée l’an dernier par le Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal. Elle va encore plus loin, concluant que la journée d’école au secondaire ne devrait pas commencer avant 9 h 30 ou 10 h. L’auteure Geneviève Gariépy considère que « si l’école commence trop tôt, toute l’horloge interne des élèves est déboussolée ».

L’autobus !

Nous savons tous qu’au Québec, une grande partie de l’organisation scolaire dépend du transport. C’est comme la queue qui branle le chien. Pour minimiser les coûts de transport, le même autobus fera plus d’un parcours. Pour y arriver, la première cohorte de jeunes transportés devra commencer l’école vraiment tôt. Beaucoup trop tôt selon les experts.

Les contraintes du transport, aussi terre à terre soient-elles, devraient passer au second rang dans une société qui croit à la réussite de ses jeunes. Les coûts du transport devraient quant à eux être remis en perspective par rapport au prix à payer de ne pas diplômer nos élèves dans une économie de savoir et de savoir-faire.

Le nouveau gouvernement dit vouloir mettre la priorité à l’éducation et à la réussite scolaire. L’idée de laisser dormir le matin n’est plus un petit à côté dont on discute avec un sourire en coin. Il s’agit d’une variable de fond.