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Dubé et le 3e lien

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Un élu caquiste, et non le moindre, a enfin osé s’exprimer en termes rationnels par rapport au troisième lien. Christian Dubé, actuel président du Conseil du trésor, connaît très bien le dossier puisqu’il a siégé comme député de Lévis.  

Aucun expert n’a jamais affirmé qu’un troisième lien réglerait les problèmes de congestion à Québec, malgré de nombreux appels lancés à ce sujet depuis bientôt deux ans. On attend toujours les chiffres récents sur les choix de déplacements des résidents de la région de Québec (étude origine-destination), tout comme les résultats des études de besoins et de solutions sur le troisième lien, qui ne seront pas prêts avant un an.  

Questionné à savoir si la faisabilité du troisième lien était acquise, Christian Dubé a déclaré, sur les ondes de Radio-Canada lundi, que «ce n’est jamais certain tant qu’on n’a pas les études pour le faire». Il a aussi affirmé qu’en bon gestionnaire, il allait attendre que cette étude soit présentée, car il fallait démontrer la faisabilité et les coûts.  

J’aurais pu gager que cette déclaration pourtant très lucide et responsable – c’est ce dont on s’attend d’un gouvernement – ferait l’objet d’une rétractation de la part de M. Dubé.  

Voyez-vous, à la CAQ, on s’interdit d’être rationnel par rapport au troisième lien. C’est une lubie, un projet érigé en dogme, qu’on a promis, coûte que coûte et peu importe le reste. Il semble y être interdit de se poser ne serait-ce que quelques questions à ce sujet. Aussi, dès que la déclaration s’est mise à circuler à Québec, M. Dubé s’est empressé de réitérer, sur Twitter, l’engagement du gouvernement à réaliser le projet.  

Précédent  

Il s’agit néanmoins du deuxième grand argentier du gouvernement à émettre certaines réserves sur le projet. En mars, lors du dépôt du budget, le libéral Pierre Arcand avait déclaré qu’il faudrait un consensus sur la suite des choses avant d’aller plus loin. Son collègue Carlos Leitao, alors ministre des Finances, venait de parler d’une marge de manœuvre qui se rétrécissait pour le financer. Il avait rappelé que 100 milliards d’investissements en infrastructures étaient déjà prévus sur 10 ans.  

Or, le consensus dont parlait M. Arcand n’a absolument pas été démontré. On ne sait rien de plus aujourd’hui, si ce n’est que le gouvernement caquiste n’a décidé d’étudier qu’une seule option, à l’est, alors que les trois quarts des gens qui se déplacent entre les deux rives circulent de l’ouest vers l’ouest. Trouvez l’erreur.