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Le plaisir géant des miniatures

Voitures miniatures

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Tout jeune, mes jouets les plus précieux étaient mes Dinky Toys. Des voitures, des camions et même des chars d’assaut miniatures avec une carrosserie en métal et des pneus, ou des chenilles, en vrai caoutchouc. À mes yeux, ils étaient carrément parfaits. Je les recevais en cadeau ou je les achetais, avec le moindre dollar récolté.

J’ai même vendu de gros téléphones militaires reçus de mon parrain au grand Jasmin, pour dix dollars. C’était beaucoup, à l’époque. Et je me suis précipité aussitôt à la boutique de jouets pour acheter deux ou trois Dinky Toys. J’ai oublié lesquels. Peut-être un camion rouge avec une grue. Au diable les économies et le régime de retraite. Faut dire que j’avais neuf, dix ans et que je n’avais jamais réussi à faire fonctionner ces satanés téléphones.

Magie à l’échelle

On ne soupçonne pas la puissance des objets minuscules que sont les miniatures, ni la profondeur des impressions et souvenirs qu’ils gravent dans notre cerveau. Je n’ai par exemple jamais oublié le chasseur Corsair en métal perdu lors du premier déménagement de la famille. Il était bleu foncé avec les étoiles blanches de la Navy américaine et ses ailes se repliaient pour qu’ils s’alignent, en rangs serrés, sur les porte-avions. Eh oui, j’aimais aussi les avions, les bateaux et les trains.

Les plus jeunes capotent maintenant sur les Hot Wheels, côté miniatures, et sur la série Rapides et dangereux au cinéma. J’ai plutôt vu le film Grand Prix cinq fois, sur des écrans gigantesques. Y compris en Cinérama, un format ultra-horizontal hallucinant, au cinéma Imperial lors de sa sortie, il y a fort longtemps. Autre génération, autres joies.

 

Je rejoins les jeunes, par contre, pour le plaisir des jeux vidéo de course et de pilotage. Surtout Gran Turismo, dont j’ai parcouru toutes les versions. J’ai acheté la première console Playstation, il y a vingt ans, en faisant valoir à ma dulcinée qu’on allait pouvoir regarder des films sur DVD. C’était vrai, mais seulement quand je n’étais pas en train d’essayer de gagner une autre course.

Le pilotage était fantastique, mais quelle surprise j’ai eue et quel plaisir j’ai ressenti, dans Gran Turismo 2, quand le jeu m’a offert un roadster Shelby Cobra 427 pour avoir gagné un nouveau championnat. Mon garage virtuel a fini par contenir des dizaines de voitures de tous les types. Des sportives, muscle cars ou voitures de course les plus célèbres aux plus modestes des sous-compactes, toutes décrites et présentées avec la minutie extraordinaire de Kazunori Yamauchi et toute sa bande.

Je n’en reviens pas, d’ailleurs, de la culture et des connaissances automobiles que les jeunes passionnés accumulent en dévorant les meilleurs jeux vidéo. Je l’ai réalisé encore, tout récemment, en écoutant un jeune collègue discuter à bâtons rompus avec Timo Glock, ex-pilote de F1 et coureur en série DTM, des différences entre ses voitures précédentes et celle qu’il pilotera l’an prochain, propulsée par un moteur entièrement nouveau. Il en connaissait tous les détails.

 

Plus que des jouets

Dans le même esprit, certains ont déjà des collections impressionnantes de miniatures de tous les types et toutes les tailles. Des centaines et même des milliers de pièces, dans les cas les plus sérieux. Et pas seulement ces Hot Wheels dont ils sont fous, ce que je comprends difficilement, envoûté que je suis par la qualité de fabrication inouïe des miniatures diecast (à carrosserie métallique coulée), dont plusieurs sont vendues à prix parfaitement raisonnable.

Je m’en suis offert quelques-unes, au fil des années, et j’en ai reçu ou gagné une poignée d’autres, dont la boîte ou la carrosserie me rappelle des rencontres avec les grands pilotes qui les ont signées. Un jour, je me suis présenté à Sainte-Justine avec une Ferrari 458 Italia rouge à l’échelle 1/24. Une belle pièce, de Bburago ou Maisto, avec les roues avant qui pivotent. Très important. Elle était pour mon petit-fils, coincé là depuis une semaine, pour une mystérieuse infection. Son faible sourire m’a dit que c’était une bonne idée.

Cette Ferrari existe toujours et avait encore toutes ses pièces, aux dernières nouvelles. Elle a été rejointe par quelques autres. Pas trop, juste assez. C’est maintenant une tradition. Le grand-père offre une miniature de qualité à son petit-fils et à sa petite-fille, aux anniversaires et aux grandes fêtes. Toujours choisie avec soin, chez un spécialiste. Parce que ce sont plus que de simples jouets, avec leur carrosserie solide, la finesse de leurs lignes, les portières et les capots qui s’ouvrent et les roues qui tournent. Tant pis s’il en tombe une à l’occasion. Le temps des pièces de collection impeccables viendra peut-être, plus tard.

 

À notre époque déroutante, où il est urgent de réduire notre machin de carbone, c’est peut-être une idée meilleure que jamais de s’offrir ses voitures de rêve en miniature. Quelle que soit la quantité requise pour satisfaire notre appétit de formes et de marques classiques, modernes ou légendaires. Même principe pour les splendeurs virtuelles des meilleurs jeux et simulations, qui ajoutent le son à des images en deux dimensions remarquablement fidèles.

Ce qui ne nous empêche aucunement d’avoir une bonne sportive à l’échelle 1/1 pour enfoncer l’embrayage, pousser le levier en première, saisir le volant et partir conduire. Pour vrai. Un jour, elle sera sans doute électrique, elle aussi.

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