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Les commissions scolaires divisées sur le coût de l’école publique

Les frais reliés aux programmes particuliers ne font pas l’unanimité

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Les commissions scolaires sont divisées sur les coûts reliés aux programmes particuliers, alors que le ministre Jean-François Roberge amorce une consultation sur la question.

Le président de la Fédération des commissions scolaires, Alain Fortier, le reconnaît d’emblée : «Au sein même du réseau, il y a une pluralité de voix», a-t-il affirmé lors d’un récent entretien avec Le Journal.

Le ministre de l’Éducation a commencé à rencontrer les acteurs du réseau de l’éducation cette semaine, en vue du dépôt d’un projet de loi cet hiver concernant les frais chargés aux parents.

Les coûts reliés aux programmes particuliers – qui peuvent faire grimper la facture de plusieurs centaines de dollars pour des concentrations artistiques ou sportives – en feront notamment partie.

Le ministre Roberge veut clarifier quels montants il est permis de facturer pour ces programmes, afin d’éviter d’autres poursuites judiciaires. Dans le cadre de l’action collective sur les frais facturés aux parents, les commissions scolaires devront rembourser 153 millions $ au cours des prochains mois.

Des coûts critiqués

Les coûts reliés à ces programmes se sont attirés de vives critiques au cours des derniers mois, notamment par le mouvement L’école ensemble et Debout pour l’école.

Ses membres réclament une école publique davantage inclusive, avec des programmes particuliers accessibles à tous, peu importe le rendement scolaire ou la capacité de payer des parents. 

Selon un rapport du Conseil supérieur de l’éducation, le réseau scolaire québécois est le plus inégalitaire du pays, avec ses écoles privées et la multiplication des programmes particuliers sélectifs dans ses écoles publiques.

Or ces programmes particuliers, qui se sont développés pour faire concurrence au réseau privé, sont aussi très populaires auprès des parents.

«Il y a un pan de la société qui demande ces programmes, un autre pan qui demande davantage de mixité. On a besoin d’avoir une conversation respectueuse de l’ensemble des opinions», affirme Alain Fortier.

Le débat se déroule au sein même des commissions scolaires. «On veut répondre aux besoins des élèves, mais on laisse tomber ceux qui n’ont pas d’argent? Ça me scandalise!», lance Alain Grenier, président de la commission scolaire de la Côte-du-Sud, dans Chaudière-Appalaches.

Mais d’autres réclament plutôt des changements législatifs afin de régulariser la situation, en clarifiant les balises entourant les frais des programmes particuliers. «Tous ces beaux programmes qui ont été mis sur pied contribuent à diminuer le décrochage scolaire, affirme René Dion, président de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, à Québec.

À la commission scolaire des Grandes-Seigneuries, située sur la Rive-Sud de Montréal, sa présidente Marie-Louise Kerneïs estime que la solution n’est pas d’abolir les programmes particuliers et la facture qui y est reliée, mais plutôt d’en faciliter l’accès, en créant des bourses d’études ou toute autre forme d’aide financière pour les familles moins nanties.