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Pénélope, Guy A. et les $$$$$$$$$

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Hier, dans un article sur l’égalité salariale chez les artistes­­, ma collègue Sandra Godin se demandait si Guy A. Lepage et Pénélope McQuade gagnaient le même salaire. Vous savez-quoi ? J’espère que non. Les deux n’ont pas la même notoriété, la même influence, ne font pas exactement le même travail. Et peut-être même que les deux ne sont pas d’aussi bons négociateurs l’un que l’autre. Peut-être qu’ils ont des agents qui ne négocient pas aussi bien l’un que l’autre.

C’est toujours dangereux de comparer deux artistes uniquement sur la base de leur sexe. Il y a toutes sortes de facteurs qui font qu’une personne est mieux payée qu’une autre. Ce n’est pas toujours une question de sexisme.

UN GARS, UNE FILLE

On a beaucoup parlé du fait que dans la série The Crown, l’actrice qui jouait la reine était moins bien payée que celui qui jouait le prince Philip. Comme je l’avais écrit à l’époque, ceux qui grimpaient dans les rideaux oubliaient de mentionner que Matt Smith était beaucoup, mais beaucoup plus connu en Angleterre que Claire Foy. Reine ou pas, son cachet reflétait sa notoriété et sa capacité à faire monter les cotes d’écoute.

C’est plate à dire, mais un artiste, c’est un produit. Quand le produit est demandé et que tout le monde se l’arrache, il se vend cher. Parfois, on s’arrache des femmes. Parfois, on s’arrache des hommes. À une certaine époque, la télé québécoise n’en avait que pour Pierre Lebeau. Puis Claude Legault. Aujourd’hui, c’est Guylaine Tremblay.

Cette popularité-là se monnaye. Et ça n’a pas grand-chose à voir avec ce que les comédiens ou animateurs ont entre les deux jambes.

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, SORORITÉ

Là où le sexe des artistes fait la différence, c’est dans l’attitude­­­. Comme me le disait récemment en entrevue à QUB la productrice-réalisatrice-actrice Sophie Lorain, c’est une question de tempérament. Est-ce que les femmes sont prêtes à défendre leur œuvre ou leur boulot avec autant de vigueur que les hommes ?

Ça fait maintenant plus de trente ans que je gagne ma vie dans le « merveilleux monde des médias ». Et je ne compte plus le nombre de mes collègues féminines qui sortent des bureaux des patrons, ou des clients, déçues de leurs négos.

Mal préparées, à court d’arguments, elles se satisfont de ce qu’on leur offre au lieu de se battre pour obtenir plus. Une chasseuse de têtes interviewée dans le magazine Châtelaine, il y a quelques années, avait très bien résumé la différence entre les hommes et les femmes. Un homme surestime sa valeur. Une femme la sous-estime.

Quand vient le temps de négocier, le gars va affirmer qu’il est qualifié pour la job même s’il ne l’est pas. Une femme va estimer qu’elle n’est pas qualifiée pour la job, même si elle l’est.

Si on veut se battre pour l’égalité, l’équité, la parité, le cœur du problème, c’est le manque de confiance en elles des femmes. Le problème, ce n’est pas le patriarcat qui perpétue des préjugés. Ce sont les femmes qui ont intégré ces préjugés. Le pire ennemi de la femme, c’est la femme.

Imaginons une émission animée par deux femmes (Les Franches tireuses ou Deux femmes en or) : il y aurait sûrement une des deux qui serait mieux payée que l’autre.

Et ce serait celle qui a le plus confiance en elle.