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Étude choc sur les sextos de nos ados

13 % des ados ont déjà été sollicités au moins une fois, révèle un sondage

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

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Près d’un jeune sur quatre qui se fait demander des photos à caractère sexuel accepte d’en envoyer, une proportion qui grimpe à un sur deux à l’âge de 15 et 16 ans, selon des données québécoises inédites sur le sujet.  

L’équipe de recherche sur la sécurité et la violence dans les écoles québécoises, dirigée par la professeure Claire Beaumont de l’Université Laval, a interrogé plus de 33 450 élèves du secondaire l’an dernier.  

Ils ont été notamment questionnés sur le phénomène des «sextos», ces photos sexuellement explicites qu’on leur réclame et que certains acceptent de partager.  

Les demandes sont toutefois moins fréquentes que ce que l’on pourrait croire : 13 % des jeunes ont déjà été sollicités «au moins une fois» à ce sujet. Sans surprise, les filles le sont davantage.  

Chez les 13-14 ans, les demandes proviennent davantage d’inconnus tandis que chez les 15-16 ans, elles proviennent surtout d’élèves ou de personnes qu’ils connaissent (voir graphique).  

Céder à la demande  

La majorité des jeunes qui reçoivent ce type de demande refusent, ce qui est «encourageant et positif», affirme Mme Beaumont.  

Il reste néanmoins que 22,6 % d’entre eux acceptent d’envoyer des photos osées et il faut s’en inquiéter, ajoute-t-elle : «C’est préoccupant de voir que des jeunes répondent à ces demandes-là.»  

Cette proportion varie d’ailleurs selon le sexe et l’âge (voir tableau) : chez les 15-16 ans, environ 50 % des jeunes acceptent de partager ces images, qui à cet âge sont surtout réclamées par des élèves qu’ils connaissent.  

Les photos peuvent être partagées dans le contexte d’une relation amoureuse, souligne Mme Beaumont. On devrait toutefois faire plus d’éducation afin que les jeunes comprennent bien tous les risques reliés à cette pratique, puisque le partage d’images sans consentement peut se produire à la suite d’une rupture.  

«Dès que les jeunes acceptent de partager quelque chose, il faut qu’ils comprennent qu’ils n’ont plus le contrôle. Lorsque c’est une photo osée, c’est encore plus risqué», indique cette experte.  

S’offrir en image  

Mme Beaumont est par ailleurs préoccupée par les jeunes qui envoient des photos osées d’eux-mêmes sans même avoir été sollicités. Il s’agit d’un phénomène peu répandu, mais qui existe bel et bien : 3 % des jeunes interrogés l’ont fait au moins une fois.  

«Il faut se demander pourquoi ils font ça. Il y a quelque chose là», laisse-t-elle tomber.  

Faire une utilisation prudente  

Les adolescents «vivent avec leur téléphone» et ne voient pas nécessairement les dangers qui y sont reliés, rappelle la chercheuse. Il ne faut toutefois pas «diaboliser l’outil», mais plutôt insister sur une utilisation prudente et réfléchie des technologies chez les jeunes.  

«S’il y a plus d’éducation qui est faite auprès des jeunes, on peut penser qu’il y aura encore moins de jeunes qui partageront ce type de photos», conclut Mme Beaumont.  

Demandes de photos ou vidéos osées  

  •  12,8 % des jeunes s’en sont fait demander « au moins une fois »   
  •  8,8 % des jeunes s’en font demander « quelques fois »   
  •  4 % des jeunes s’en font demander « souvent ou très souvent »   

Parmi ceux qui se font demander d’en envoyer :  

  •  77,3 % refusent   
  •  22,6 % acceptent  

Parmi ceux qui acceptent :

  % Filles % Garçons
12 ans et moins 3,0 % 2,2 %
13-14 ans 30,3 % 24,9 %
15-16 ans 52,4 % 48,2 %
17 ans et + 14,3 % 24,4 %

 

 Qui fait les demandes de photos ou vidéos osées (%)?

 

 

 Source : Équipe de recherche dans les établissements d’enseignement québécois dirigée par Claire Beaumont, titulaire de la Chaire de recherche Bien-être à l’école et prévention de la violence à l’Université Laval