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Mettre sa retraite en péril en aidant ses enfants

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Illustration Adobe Stock

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Vous profitez d’une retraite bien méritée. Sans rouler sur l’or, vous avez suffisamment de revenus pour vous assurer un train de vie confortable.

Mais que feriez-vous si votre enfant vous demandait de l’aider à acheter sa première maison ?

Même si le marché immobilier québécois et montréalais demeure plus abordable que bien d’autres au Canada, tout le monde n’a pas nécessairement les reins assez solides pour accéder à la propriété. Le resserrement des règles hypothécaires a aussi placé la barre plus haute et a pu retarder les projets d’achat de nombreux ménages. Pour aider votre enfant à acquérir sa première résidence, vous songez peut-être à verser une partie de sa mise de fonds. Mais si vous êtes à la retraite, mettez-vous votre propre équilibre financier en danger ?

Aider ou pas ?

Selon André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse, acheter un logement au lieu de verser des loyers à un propriétaire est une bonne idée, dans la mesure où cela constitue une forme d’épargne forcée. « Soutenir son enfant dans l’acquisition d’une propriété part donc d’un bon sentiment. Mais si on met sa retraite en péril pour l’aider à compléter sa mise de fonds, il faut y réfléchir à deux fois et ne pas se nuire à soi-même », prévient-il. Il cite en exemple ceux qui dépannent leur fils ou leur fille de plusieurs milliers de dollars et qui devront ensuite se serrer la ceinture parce qu’ils ont fait un gros trou dans leur budget.

Car plusieurs parents préfèrent aider leur enfant au moment où il en a besoin et donner de l’argent de leur vivant plutôt que de le faire attendre jusqu’à son héritage. Avant de verser cette somme, faites vos calculs, recommande toutefois le planificateur. Demandez à un professionnel dans le domaine de vous aider à établir la meilleure stratégie. Il pourra aussi vous fournir de bons arguments pour expliquer à votre enfant, le cas échéant, que vous ne pourrez pas fournir le montant qui lui manque.

Par ailleurs, l’aider à s’acheter une maison s’il n’en a pas objectivement les moyens est une sorte de cadeau empoisonné. « On a souvent tendance à sous-estimer le coût d’une propriété », rappelle André Lacasse. La facture grimpe vite, qu’il s’agisse des frais de notaire ou de la taxe de bienvenue, de frais de déménagement, d’achat de meubles, mais aussi des réparations au fil du temps.

Une autre option

Si vous n’avez pas les moyens ou si vous ne souhaitez pas donner de l’argent à votre enfant, vous pouvez l’aider d’une autre façon dans l’achat de sa première maison.

Vous pouvez notamment offrir une garantie sur un prêt qui lui permettra de compléter sa mise de fonds. Admettons que celle-ci s’élève à 50 000 dollars, mais que votre enfant n’ait que 25 000 dollars en liquidités. Il lui serait possible de contracter un prêt de 25 000 dollars garanti par une partie de vos placements, des CGP par exemple. De cette façon, vous n’aurez rien à débourser et la garantie sur vos placements diminuera au fur et à mesure que le prêt sera remboursé.

Conseils :

  • Avant de signer un chèque à votre enfant, faites vos calculs, évaluez votre budget et demandez conseil à un spécialiste.
  • Si cette ponction dans vos économies risque de vous placer dans une fâcheuse position durant votre retraite, préparez des arguments chiffrés afin de mieux justifier votre refus.
  • Vous hésitez encore ? N’oubliez pas que les aînés représentent la tranche de la population qui s’est le plus endettée au cours des dernières années, et qu’ils en payent le prix... En 2005, 8 % des dossiers de faillite et de proposition de consommateur concernaient les personnes de 65 ans et plus. En 2015, ce taux a grimpé à 10 %, et à 12 % en 2017, selon le Bureau du surintendant des faillites.