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Bientôt la fin des thérapies bidon pour homosexuels?

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Les thérapies bidon pour guérir l’homosexualité pourraient être interdites au Québec. Le gouvernement Legault tiendra bientôt des rencontres pour discuter de cet enjeu avec des groupes de défense des droits des gais.

Ce genre de thérapie est pratiqué impunément par plusieurs organisations québécoises. En novembre, un reportage de notre Bureau d’enquête avait levé le voile sur les différentes méthodes utilisées par des pasteurs et des thérapeutes, souvent à profit.

Ces pratiques sont vertement critiquées par la communauté scientifique. Elles sont illégales en Ontario, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et à Vancouver, mais le Québec n’a toujours pas légiféré sur la pratique.

Bien accueilli

« Nous en sommes à rencontrer les groupes LGBTQ+ pour discuter de cet enjeu précis qui touche leurs communautés et pour obtenir davantage d’information sur les victimes des thérapies de conversion, » a souligné Nicky Cayer, attachée de presse de la ministre de la Justice, Sonia LeBel.

Les libéraux, au pouvoir jusqu’en octobre, avaient déjà un plan pour se pencher sur la question, mais les rencontres n’avaient pas encore été organisées.

La directrice de l’organisme Alliance arc-en-ciel, Julie Dubois, voit ces rencontres d’un bon œil. En mai, son groupe avait publié un rapport sur l’existence de ces thérapies dans la province et avait émis une dizaine de recommandations.

« J’attendais cet appel », a affirmé Mme Dubois, au sujet de son premier contact avec le nouveau gouvernement.

L’idée, a-t-elle ajouté, c’est que celui-ci puisse utiliser son pouvoir et les moyens qu’il a pour bannir les thérapies de conversion.

Au Canada

Au fédéral, par contre, une pétition de plus de 11 000 signatures demandant une interdiction nationale suscite peu de réactions de la part des élus.

Questionné par notre Bureau d’enquête, un représentant du ministère du Patrimoine canadien — responsable du dossier — n’a pas pu fournir d’exemples concrets d’actions prises pour lutter contre ce phénomène.

« Nous pouvons et devons faire mieux, s’est contenté de dire Simon Ross, attaché de presse du ministre Pablo Rodriguez. Il y en a encore beaucoup à faire, mais nous continuons de travailler pour que chacun d’entre nous, quelle que soit notre identité de genre ou notre orientation sexuelle, soit libre d’être soi-même et d’atteindre son plein potentiel. »


 Notre Bureau d’enquête a aussi fait un suivi auprès de Revenu Canada, qui a donné le statut d’organisme de bienfaisance à la plupart de ces groupes de thérapies. Un représentant n’a pas pu confirmer s’ils faisaient maintenant l’objet d’une enquête.