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L’accusé qualifie ses gestes de «stupides» et se défend d’être fasciste

Louis Fernandez aurait violemment battu un autre jeune homme dans un bar du quartier Saint-Roch (LvlOp) pour de possibles motifs haineux, selon le SPVQ.
Photo de courtoisie, Le Journal de Québec Louis Fernandez.

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Le jeune homme de 24 ans accusé d’avoir battu gratuitement sous de possibles motifs haineux un inconnu au bar LvlOp, le week-end dernier, assure qu’il n’est pas fasciste et soutient avoir agi «de façon extrêmement stupide» alors qu’il avait «trop bu».

Louis Fernandez pourra célébrer Noël avec son frère aîné. Il a été libéré pour la suite des procédures, hier, au terme de son enquête sur remise en liberté, lors de laquelle son frère s’est engagé à s’assurer qu’il respecte de nombreuses conditions.

Dans la nuit de vendredi à samedi, Fernandez serait entré au bar de jeux vidéo de la rue Saint-Joseph, avec des individus qu’il venait de rencontrer.

«Antifa?»

Selon la preuve relatée par la poursuite, l’accusé vêtu de vêtements de style paramilitaire se serait approché d’un client et lui aurait demandé s’il était un Antifa, deux fois plutôt qu’une.

Le client interpellé aurait répondu : “Oui, peut-être”, ne comprenant pas la situation et croyant avoir affaire à un serveur. Il aurait suivi Fernandez jusqu’à une table et se serait senti «encerclé» par un groupe.

«Sans aucun préavis» et devant plusieurs témoins - dont des employés du bar -, la présumée victime aurait reçu un coup de poing au visage.

L’accusé aurait alors saisi la tête de la victime et l’aurait maintenue entre un de ses bras et son corps. Le client aurait réussi à s’extirper, sans répliquer, avant d’être poussé au sol par l’accusé.

«La victime va tenter de se relever et il va lui infliger un coup de pied [le talon de la botte] en plein front», a expliqué la procureure de la Couronne, Me Geneviève Bédard. Le jeune homme aurait eu «extrêmement peur» de recevoir d’autres coups et de se faire défigurer.

«Imbécile»

L’accusé, un électricien de métier, a soutenu qu’il connaissait uniquement «de nom» le groupe Atalante, un groupe d’extrême droite dont un «collant» a été trouvé dans son portefeuille par les policiers.

Il s’est défendu d’être fasciste ou raciste. «Ça ne colle pas, je suis un fils d’immigré et immigré moi-même», a dit l’accusé originaire d’Europe. Son frère a aussi assuré qu’il ne lui connaissait aucune affiliation à des groupes d’extrême droite.

Pour son avocat, Me Benoit Labrecque, il s’agit d’un «événement isolé», provoqué par un problème d’impulsivité et un excès d’alcool. «J’avais peut-être beaucoup trop bu. J’ai réagi de façon extrêmement stupide», a affirmé Fernandez, qui a qualifié son comportement «d’imbécile».

Devant les garanties offertes par la défense et considérant que le jeune homme est sans antécédent criminel, la juge Johanne Roy l’a remis en liberté sous de strictes conditions.

Il doit demeurer chez son frère qui s’est engagé à le dénoncer s’il contrevenait à une condition. Il doit respecter un couvre-feu, ne pas aller dans les bars, ni consommer de l’alcool ou des drogues. Il doit aussi se soumettre à des évaluations concernant son problème d’impulsivité et possiblement de consommation d’alcool.

Il reviendra en cour le 22 janvier prochain.