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L’impatience du maire

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Le maire Régis Labeaume n’avait pas eu l’œil pétillant et l’air aussi détendu depuis longtemps. S’il doit prendre une résolution, c’est de conserver cette attitude en 2019, où il devra plus que jamais faire le plein de patience.   

Trop impulsif, le premier élu de Québec s’est emporté à moult occasions en 2018. Ça lui a valu, entre autres choses, le départ de son bras droit, et attiré bien des critiques. Il a paru déconnecté, insensible, des traits qui n’ont pas avantage à se retrouver chez tout bon politicien.  

L’usure du pouvoir ne s’était jamais manifestée de façon aussi équivoque. Ça commençait à ressembler au début de la fin de l’ère Labeaume, dont le quatrième mandat a commencé il y a un an à peine.  

Le maire a pourtant réussi un exploit, en 2018. Il a obtenu, avant l’élection provinciale, l’appui de tous les partis pour que Québec se dote enfin, comme toutes les villes de 500 000 habitants et plus au pays, d’un système de transport structurant.  

Conscient qu’il peut facilement tomber dans l’arrogance, ce qu’il a une fois de plus reconnu hier, M. Labeaume doit se ressaisir. Il affirme avoir réalisé que son impatience ne pouvait persister. Impatience d’expliquer, encore et encore.  

Dans le privé, dit-il, on ne répète pas comme ça. Mais quand on gère des fonds publics, les élus ont ce devoir. Il ne doit plus l’oublier, d’autant plus que les prochaines années seront cruciales pour la concrétisation du projet de tramway, et pour son acceptation sociale qui doit être la plus grande possible.  

Atomes crochus  

Étant donné leurs prises de bec sur divers projets, lorsque François Legault était dans l’opposition, on aurait pu s’attendre à ce que Régis Labeaume et lui peinent à travailler ensemble. Il semble que le désir de succès l’ait emporté sur les vieux différends.  

Si on en croit M. Labeaume, qui paraît très sincère, MM. Legault, Bonnardel et lui s’entendent comme larrons en foire. Le maire revoit, dans l’attitude de M. Legault, une euphorie semblable à celle qui l’habitait lorsqu’il est devenu maire. «Il aime ça, être premier ministre, il a tellement attendu longtemps [...]. Il déguste le moment.»  

Souhaitons à M. Labeaume de retrouver un peu de cette même euphorie. Les gens de Québec ont souvent démontré qu’ils étaient prêts à lui pardonner bien des sautes d’humeur. Mais il y a quand même des limites qu’il n’a plus avantage à franchir.