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Noël joyeux grâce aux voisins

Une famille de huit qui a passé au feu avant les Fêtes s’est fait offrir des vêtements et même des maisons

incendie abitibi
Photo David Prince

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SAINTE-GERTRUDE-MANNEVILLE | Un couple et ses six fillettes qui ont tout perdu à la suite d’un incendie vivront un beau temps des Fêtes grâce à la générosité exemplaire de leur village. 

Dimanche soir, Anne-Marie Brochu, 32 ans, était en train de faire la vaisselle avec sa petite Olivia, 3 ans, à ses côtés.  

Elle a soudainement vu des reflets de flammes dans la fenêtre. Quand elle s’est retournée, le feu montait jusqu’au plafond dans le salon de la résidence qu’ils ont achetée et rénovée il y a 18 mois, à Sainte-Gertrude-Manneville, près d’Amos, en Abitibi. 

Un incendie a détruit une résidence d’une famille de 8 personnes à Sainte-Gertrude-Manneville en Abitibi.
Photo courtoisie
Un incendie a détruit une résidence d’une famille de 8 personnes à Sainte-Gertrude-Manneville en Abitibi.

 

« Je me suis mise à crier tellement fort parce que mes cinq autres enfants dormaient à l’étage. Heureusement qu’elles se sont réveillées, parce que les flammes étaient juste en dessous de la chambre de mon bébé de 1 an », raconte la femme enceinte de 26 semaines de sa septième fille. 

Mme Brochu était la seule adulte à la maison, car son mari, Mathieu Rivard, travaillait de nuit.  

Héros à 9 ans 

L’aînée de 9 ans, Alicia, a alors joué les héros en allant chercher bébé Béatrice dans son petit lit. 

Rose, 7 ans, a quant à elle eu le réflexe de brasser sa sœur Mathilde, 6 ans, pour qu’elle se réveille.  

« Elle dormait vraiment dur », a résumé Rose lors d’une entrevue réalisée à la résidence de son grand-père située dans le même rang que leur maison qui pourrait être une perte totale. Jeudi, un évaluateur en bâtiment et un expert en sinistre ont analysé les dégâts. 

Les filles se sont précipitées à l’extérieur, même si deux d’entre elles étaient nues et les autres en sous-vêtements.  

La maman leur a lancé en panique des manteaux et des bottes, avant de sortir à son tour. 

Quand elle a rouvert la porte pour aller chercher son cellulaire afin d’appeler les secours, le feu s’est intensifié, si bien qu’elle a fait demi-tour. 

Son mari les a rejoints plus tard. 

Anne-Marie Brochu, Béatrice, 1 ans, Mathieu Rivard, Alicia, 9 ans, Rose, 7 ans, Mathilde, 6 ans, Florence, 6 ans et Olivia, 3 ans.
Photo David Prince
Anne-Marie Brochu, Béatrice, 1 ans, Mathieu Rivard, Alicia, 9 ans, Rose, 7 ans, Mathilde, 6 ans, Florence, 6 ans et Olivia, 3 ans.

 

Comme dans les plus beaux contes de Noël, les gens du village de 750 personnes et de toute la région d’Amos se sont mobilisés en quelques heures.  

« On a reçu au moins 10 offres de maisons », affirme Mme Brochu, qui a dormi à l’hôtel avec sa famille durant quelques nuits. 

Ils devaient emménager temporairement hier dans une maison offerte par un entrepreneur. 

Cadeaux et repas 

Des commerçants les invitent aussi à magasiner gratuitement les cadeaux de Noël afin de remplacer ceux qui sont partis en fumée. D’autres insistaient pour payer leurs repas au restaurant.  

« L’épreuve est difficile. On ne dort pas beaucoup. Mais se sentir supportés de la sorte nous aide beaucoup », a dit Mme Brochu. 

La famille a reçu plusieurs cartes-cadeaux et tellement de vêtements et d’accessoires d’enfants qu’ils devront en redistribuer à des organismes de la région. 

De plus, une amie a organisé une campagne de sociofinancement qui a rapporté plus de 26 000 $ jusqu’à présent. La famille promet de bien investir cette somme, le temps de régler le dossier avec les assurances. 

« Nous n’avons plus rien de matériel, mais cette dose innommable de soutien nous porte et nous aide à avancer », a exprimé la maman. 

Elle se trouve chanceuse que ses enfants aient survécu à cet incendie, sans même une égratignure. 

Une chandelle 

Une bougie de Noël qui était allumée sur le bureau d’ordinateur du salon est à l’origine du brasier, selon les pompiers. 

La chandelle a mis le feu au sofa, a confirmé le directeur du service incendie d’Amos, Pierre Gagnon. 

Le détecteur de fumée s’est d’ailleurs activé seulement après que la maman, vigilante, eut averti ses fillettes de sortir au plus vite.