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Pour une reconnaissance des proches aidants

Avec son retour en politique, Marguerite Blais peut désormais compter sur un appui de taille, celui du premier ministre François Legault, qui s’est engagé à adopter une politique nationale des proches aidants.
Photo Agence QMI, Simon Clark Avec son retour en politique, Marguerite Blais peut désormais compter sur un appui de taille, celui du premier ministre François Legault, qui s’est engagé à adopter une politique nationale des proches aidants.

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Quand elle a été nommée, pour la première fois, ministre responsable des aînés sous le gouvernement Charest, en 2007, Marguerite Blais ne savait même pas, au départ, de quel ministère elle relèverait ni de combien d’employés elle disposerait.

« Je ne peux pas vous répondre avec précision, avait-elle déclaré, en marge de son assermentation. J’ai comme l’impression que je vais relever du ministère de la Famille. Il n’y aura pas une nouvelle structure de créée. » (Le Devoir, 21 avril 2007.)

Très vite, elle comprendra qu’elle n’aura ni le pouvoir ni les ressources pour concrétiser ses ambitions.

Une approche plus humaine

J’ai siégé avec Marguerite Blais à l’Assemblée nationale pendant sept ans. Je me suis entretenue avec elle, jeudi dernier.

Avec son retour en politique, sous la bannière de la CAQ, le 1er octobre dernier, elle peut désormais compter sur un appui de taille, celui du premier ministre François Legault, qui s’est engagé à adopter une politique nationale des proches aidants.

Plus concrètement, l’annonce faite par M. Legault en campagne électorale, le 4 septembre dernier, portait sur une série de mesures, dont la mise sur pied de ressources de répit de type Maisons Gilles-Carle, la bonification du crédit d’impôt des proches aidants jusqu’à 2500 $ et la création d’un Observatoire qui leur sera dédié. Un investissement de 93 millions de dollars.

La table est donc mise pour qu’une véritable reconnaissance juridique des proches aidants soit concrétisée.

Une nouvelle approche, basée sur la gériatrie sociale, est proposée. Une approche plus humaine et moins axée sur les pratiques hospitalo-centristes.

Parole tenue

Signe que le gouvernement est sérieux, un comité interministériel est déjà à l’œuvre et le ministère de la Santé a organisé, le 11 décembre dernier, une consultation nationale.

En mode écoute, elle insiste pour dire que « Ce n’est pas la politique de Marguerite Blais, c’est la politique des proches aidants ». Prévu pour fin 2019, un plan d’action l’accompagnera en 2020.

Au nombre des mesures avancées, il y a le dossier médical dont il faut doter les proches aidants « pour les accompagner et voir à leur état de santé au même titre que les personnes aidées ».

Les centres de jour sont nécessaires « pour briser leur isolement social ». Des milieux de vie où ils s’adonneront à des activités de loisirs et se garderont actifs et en santé. « Ça nous sort du modèle purement médical. »

Consciente que les attentes des aînés, des parents d’enfants lourdement handicapés et des jeunes sont grandes, elle admet que « la politique ne sera pas coulée dans le béton. Un forum annuel se tiendra pour s’ajuster ».

Autre suggestion intéressante, celle du déploiement de coordonnateurs régionaux pour voir à l’application de la politique et « éviter les dédoublements et le travail en silos ».

En cette période des Fêtes où la solitude accompagne de nombreux Québécois, il est rassurant de savoir que le gouvernement est à l’œuvre pour briser leur isolement.