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Une victoire et un moment décisif ?

Carey Price a offert une solide prestation jeudi soir contre les Coyotes.
Photo d’archives, AFP Carey Price a offert une solide prestation jeudi soir contre les Coyotes.

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À chacune des saisons d’une équipe professionnelle, un moment décisif survient. Qu’il soit positif ou négatif. Celui du Canadien, cette saison, pourrait bien être la victoire de jeudi soir en Arizona, dans laquelle Carey Price a brillé.

L’an passé, le tournant avait été la blessure de Shea Weber, qui s’était absenté jusqu’à la fin de la saison. On connaît la suite.

Claude Julien a pris, pour une rare fois, la décision d’envoyer Price devant le filet dans un deuxième match en deux soirs. Ça m’amène à parler du directeur général, qui n’est pas juste là pour signer des joueurs ou pour faire des transactions. Il s’assoit aussi avec son entraîneur-chef pour discuter avant les matchs.

Je ne dis pas que Marc Bergevin a imposé à Claude Julien de faire jouer Price, mais la conclusion est que Price était devant le filet pour une rare fois dans une telle séquence. Et cela a été profitable.

Des directeurs généraux aux aguets

On ne peut pas dire, d’ailleurs, que le match au Colorado, la veille, avait été exténuant. Bergevin veut faire les séries éliminatoires. Selon moi, c’est clair qu’il y a eu une réunion avec son entraîneur après ce match pour savoir ce qu’il allait faire. Le directeur général ne veut jamais être pris par surprise en se pointant sur la galerie de presse. J’ai vécu ça toute ma carrière alors que je rencontrais mon DG avant les matchs. Il voulait savoir qui allait garder les buts, qui composerait les trios et les duos de défenseurs. Le DG, c’est le maître à bord, il doit donc être au courant.

C’est important que le directeur général mette une certaine pression sur les entraîneurs parce que c’est lui qui reçoit le blâme quand la saison se termine. Il est le maître et il a engagé les joueurs. Il a le droit de poser des questions pour obtenir des réponses positives.

Il y a des directeurs généraux certes plus permissifs que d’autres, mais il y en a aussi qui ne veulent pas avoir de mauvaises surprises. Les directeurs généraux avec lesquels j’ai travaillé, que ce soit à Québec ou à New York, voulaient être au courant de ce qui se passait. Après tout, ce sont des gars de hockey, pas des comptables ! Dans le cas de Price, cette fois, je me demande qui a pris la décision finale.

Une victoire nécessaire

Ça prenait une victoire contre les Coyotes, une équipe jeune et appelée à avoir un bel avenir. Mais le CH ne pouvait pas l’échapper. C’était crucial. Il fallait absolument retrouver le chemin de la victoire.

Price a sauvé le match. Une 300e victoire pour le gardien, ce n’est pas peu dire ! C’est un plateau important dans la carrière d’un gardien de but, et ça va lui faire du bien. Le Canadien s’est fait déclasser, et Price a sauvé les meubles.

J’aimerais qu’on lui fasse confiance dorénavant dans ce genre de séquence de deux matchs en autant de soirs. Je pense qu’on a brisé une barrière mentale dans son cas.

Le Canadien a marqué seulement trois buts en deux rencontres, mais, la bonne nouvelle, c’est il a marqué en avantage numérique. Ça va faire du bien. Au départ, je croyais beaucoup à Petry et à Weber à la ligne bleue. On a été patient. Ce sera la solution à court terme. Par contre, il faut que Jonathan Drouin et Max Domi fassent le travail à l’attaque.

J’aimerais ça que la première vague joue au minimum 1 min 30 s. Je ne crois pas à deux vagues en supériorité numérique. Et on l’a vu jeudi avec Tatar au point d’appui. Quand tu t’installes dans le territoire adverse, ce n’est pas nécessairement fatigant, et la première vague peut rester longtemps. Mais ça prend des résultats.

– Propos recueillis par Roby St-Gelais

Les échos de Bergie

Un dernier match avant Noël

Le Canadien jouera son dernier match avant la pause de Noël cet après-midi, à Las Vegas, où il n’y a aucun doute que les Golden Knights seront prêts. D’abord, à cause de Gerard Gallant derrière le banc, puis à cause de leurs succès de l’an passé et de la présence de Marc-André Fleury devant le filet.

Les Golden Knights ont eu un mauvais début de saison, mais ça s’est replacé depuis, et ils se battent eux aussi pour une place en séries. Malheureusement, on ne pourra faire l’évaluation de Max Pacioretty contre Tomas Tatar, puisque l’ancien capitaine du Tricolore est blessé.

Gallagher aime lancer

Pour les mordus de statistiques, avec 132 lancers, Brendan Gallagher est le meneur chez le Canadien. C’est 50 de plus que Domi ! Gallagher veut marquer 30 buts dans une deuxième saison de suite. Cela dit, il ne fait pas toujours le bon choix de jeu. Et, comme il n’a pas un lancer très puissant, ses jeux avortent parfois. À deux contre un, soyez sûr qu’il va lancer ! Mais je ne veux pas lui enlever sa première qualité, soit qu’il est vaillant.

Domingue, étincelant

C’est incroyable, les buts que Louis Domingue a volés aux Flames de Calgary dans la victoire de 5-4 du Lightning de Tampa Bay en tirs de barrage. Il a été extraordinaire. C’est rare qu’un gardien reçoive la première étoile après avoir accordé quatre buts. Il s’agissait d’une septième victoire consécutive pour le Québécois.

Parfois, on envoie l’auxiliaire à l’abattoir, mais Domingue a relevé le défi. C’est extraordinaire pour lui. Il avait aussi gagné des points durant l’absence de Vasilevski.

Par ailleurs, les Hurricanes porteront l’uniforme des Whalers de Hartford, demain, contre les Bruins. Il me semble que l’Avalanche pourrait s’en inspirer, considérant que le directeur général Joe Sakic a amorcé sa carrière avec les Nordiques. Ce serait un beau clin d’œil.

Et félicitations à Gabriel Fortier, un autre Québécois repêché par le Lightning qui a signé son premier contrat professionnel et dont on dit beaucoup de bien.

Un joyeux Noël à tous les amateurs de hockey. Bonheur et paix !