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Le commerce au détail en plein bouleversement

Les centres d’achats ont l’intention de faire appel au divertissement pour attirer la clientèle

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Pour attirer de nouveaux clients, de nombreux centres commerciaux au Québec devront se renouveler au cours des prochaines années. Condos, logements, restos, hôtels et centres de divertissement sont dans la mire des opérateurs.

Le secteur du commerce au détail est en plein bouleversement alors que de plus en plus de consommateurs préfèrent magasiner en ligne sur des sites comme Amazon.

De nombreux détaillants comme Sears, incapables de s’adapter à cette nouvelle réalité, ont été poussés à la faillite multipliant les espaces libres dans les centres commerciaux.

«Clairement, la notion de divertissement est devenue une priorité pour les grands centres commerciaux», signale le vice-président principal de la firme de commerce en ligne Absolunet, Charles Desjardins. Selon ce dernier, les consommateurs souhaitent plus que jamais aller vivre des expériences lorsqu’ils se déplacent dans un centre d’achats.

Résultat : le bon vieux centre commercial traditionnel jouissant, aux extrémités, de grands magasins est en train de disparaître.

Ramener du trafic

Ivanhoé Cambridge, qui détient plusieurs grands centres commerciaux au pays, croit beaucoup au divertissement pour attirer les consommateurs dans ses propriétés.

Au Centre Eaton, à Montréal, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement prévoit investir plus de 200 millions $.

Ivanhoé implantera notamment au Centre Eaton un Time Out Market à la fin de 2019.

Provenant de l’Europe, le concept Time Out Market de Montréal sera composé de 16 espaces de restaurations, deux bars, une académie culinaire, une cuisine de démonstration et une boutique notamment. Le Time Out Market de Lisbonne, au Portugal, a attiré l’an dernier plus de 3,6 millions de visiteurs.

Des condos et un hôtel

Aux Galeries de la Capitale, propriété du Groupe Oxford, il y a également beaucoup de projets sur la table à dessin alors que de nouveaux investissements pourraient atteindre les 100 millions $ d’ici 10 ans.

D’ici l’automne 2019, un marché alimentaire verra le jour pour accueillir des marchands et des artisans spécialisés dans les viandes, les poissons, les fruits de mer, les fromages, les huiles et les produits fins notamment.

La direction des Galeries dit également plancher sur un projet d’hôtel qui pourrait voir le jour au-dessus du local anciennement occupé par Sears. Des pourparlers sont en cours.

Relativement à cela, le centre commercial ne cache pas que d’autres projets sont dans les cartons, dont un complexe multifonctionnel, avec l’ajout d’unités résidentielles et d’espaces à bureau.


Le salaire minimum passe à 16 $ l’heure chez Simons

Photo Agence QMI, Matthew Usherwood

Le détaillant de vêtements La Maison Simons de Québec a fait passer il y a quelques mois le salaire minimum de ses employés à 16 $ l’heure, en hausse de 3 $.

Dans les magasins et les entrepôts, des employés qui gagnaient par exemple 16 $ l’heure ont également vu leur taux horaire passer à 19 $.

En 2013, le salaire de base des conseillers en vente de Simons était passé à 13 $ l’heure.

Dans le secteur du commerce au détail, les détaillants s’arrachent les travailleurs, qui se font de plus en plus rares.

Dans la foulée du mouvement pour hausser le salaire minimum à 15 $ l’heure, le grand patron de Simons, Peter Simons, avait d’ailleurs manifesté une ouverture pour l’adoption d’une telle mesure au Québec.


Amazon domine les ventes en ligne au Québec

Photo AFP

Le géant Amazon poursuit sa domination au Québec alors que 4 consommateurs sur 10 qui magasinent en ligne le font sur sa plateforme chaque mois.

Des données compilées par le CEFRIO indiquent qu’Amazon demeure, et de loin, le plus important détaillant en ligne au Québec.

Chemin faisant, Amazon réussit à attirer chaque mois 38 % des consommateurs québécois qui magasinent en ligne.

Les récentes données compilées par le CEFRIO indiquent que plus de 40 % des adultes québécois font maintenant au moins un achat en ligne tous les mois.

Ce taux s’élevait à 28 % il y a cinq ans.


Sears a été rayé de la carte

Photo Vincent Larin

Le détaillant Sears n’existe plus.

Après plus de 64 ans de présence au pays, Sears Canada a définitivement fermé ses portes le 14 janvier dernier.

Le détaillant n’a jamais été capable de s’adapter à la réalité du commerce en ligne.

Dans son processus de transformation appelé Sears 2.0, le détaillant disait étudier plusieurs options, dont la transformation de ses magasins et le virage en ligne.

Or, aucun acheteur ne s’est manifesté pour relancer ses activités.

Depuis 2012, Sears Canada avait enregistré des pertes d’exploitation combinées de 10,5 milliards $.


L’épicerie en ligne gagne du terrain au Québec

Photo courtoisie

Les grands acteurs de l’alimentation ont continué à peaufiner en 2018 leur offre de service d’épicerie en ligne avec cueillette en magasins et livraison à domicile.

Après Metro, IGA et Walmart, Provigo et Maxi ont lancé leur service d’épicerie en ligne au Québec récemment.

Encore très marginal, alors que seulement 1 % des consommateurs font leur épicerie en ligne, le marché s’annonce toutefois prometteur.

Dans les pays où ces services ont été implantés depuis une dizaine d’années, les taux d’utilisation sont d’environ 7 %, selon les analystes. Amazon, qui a acheté la chaîne américaine de supermarchés WholeFoods l’an dernier, a des ambitions de gagner d’importantes parts de marché dans le secteur alimentaire au cours des prochaines années.


Le commerce en ligne fait mal aux municipalités

La croissance des ventes en ligne heurte de plein fouet les revenus des municipalités québécoises, alors que de plus en plus de centres commerciaux contestent leur évaluation foncière.

Selon l’Union des municipalités du Québec (UMQ), plus de 2000 commerces ont fermé leurs portes en 2016 dans la province.

Seulement pour l’année 2016, l’UMQ évoque, pour les municipalités, une baisse de revenus de 65 millions $ directement liée à ces fermetures. D’ici 2025, le phénomène pourrait créer un manque à gagner cumulé de plus de 600 millions $ dans les coffres des municipalités.

Résultat : les propriétaires des centres commerciaux demandent de plus en plus de réviser à la baisse les prix de leurs taxes municipales parce qu’il y a moins d’achalandage dans les commerces, d’après l’UMQ.