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Les étoiles de Noël

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Je vous fais une confidence. Il y a 13 ans, j’ai passé Noël dans le désert algérien sous une voûte céleste magnifique qui donnait l’idée de Dieu au sceptique que j’étais (et que je demeure).

Là-bas, dans un décor si étranger, je pensais à ma famille, à mes amis, restés au Québec. À la neige. Au froid. L’un devait finaliser ses emplettes à la course. L’autre préparait un repas gargantuesque.

Avaient-ils aussi une pensée pour moi qui découvrait le magnifique désert du Hoggar ?

Rien

J’étais bien heureux de faire l’expérience de la tente touareg de peau brûlée par le soleil, mais, avec mes guides musulmans, rien pour souligner la Fête. (Ça me rappelait que lorsque j’étais bien jeune, j’imaginais que Noël était une fête universelle célébrée partout autour du globe.)

C’était – je m’en rendais compte – mon premier Noël absolument sans mention de Noël... J’avais vécu des Noëls exotiques, mais cette fois-ci, il n’y avait... rien.

Éternel

Autant là-bas j’avais la tête au Québec, autant, depuis ce voyage, à rebours, pendant les réjouissances avec les miens, je repense à ce Noël dans le Sahara. Que deviennent ces « hommes bleus » encore adolescents, mais aguerris par l’existence, déjà des gaillards ?

Cette nuit-là, je les regardais étendre l’énorme tapis et les tambourins. Ils m’ont régalé d’un ragoût de mouton et de pigeon (qui ne goûtait pas du tout la tourtière). Dehors, ensuite, sous la masse lumineuse des étoiles, leur barde, finalement, a gratté et chanté en tamashek (leur langue) une complainte millénaire : Ô Sainte-Nuit ! Dans l’immensité du désert, écrasé par le spectacle de l’infini, ce « clin d’œil » à Noël de la part de mes guides me fait alors penser que c’est dans un décor semblable à celui-ci que la naissance du Christ s’est déroulée.