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Un peu d’optimisme pour les Fêtes

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Dans l’esprit des Fêtes et pour éloigner un peu la déprime de plusieurs observateurs de l’actualité politique aux États-Unis, il est bon de rappeler qu’il n’y a pas eu que du mauvais chez nos voisins en 2018.

Bien sûr, il y a des choses qui ne tournent pas rond. À Washington, le président Trump a passé Noël à broyer du noir, enlisé dans les scandales et l’impasse budgétaire. Sur Wall Street, décembre a été le pire mois depuis la grande récession de 2008. Et j’en passe.

Malgré tout, l’année 2018 a apporté son lot de réussites, de progrès et d’espoirs. Bref, il est permis d’être optimiste.

Une économie dynamique

Malgré le tumulte des dernières semaines, l’économie américaine s’est bien portée en 2018 : la croissance a été élevée, le chômage est à son plus bas depuis 1969 et l’inflation demeure modeste. Des signes inquiétants existent, mais ça pourrait être bien pire et, après huit ans de croissance, un ralentissement ne serait pas anormal.

Si les élans de croissance ne sont pas uniquement attribuables aux bonnes politiques, les mauvaises politiques peuvent tout gâcher. En 2018, l’économie américaine aurait pu se passer d’une stimulation fiscale qui bénéficie surtout aux mieux nantis et qui réduit la marge de manœuvre en cas de crise.

Une société civile forte

En 2018, la société américaine a progressé. Les femmes ont avancé dans l’affirmation de leurs droits, notamment avec le mouvement #MeToo, dont on ne peut nier l’impact. Il y a eu des manifestations pour toutes sortes de causes, mais surtout pour les bonnes. Malgré la rhétorique stridente d’une minorité intolérante en déclin, la société américaine avance dans la bonne direction, comme en fait foi l’élection d’un nombre record de femmes et de personnes issues de communautés sous-représentées en novembre. N’en déplaise aux Cassandres, la criminalité violente et l’immigration illégale ont diminué en 2018, continuant une tendance déjà bien implantée avant que Donald Trump ne colporte des données trompeuses pour exploiter la peur et entretenir l’insécurité.

Des institutions solides

Dans une foule de domaines, qu’il s’agisse des universités, des arts ou de la culture, les grandes institutions de la société civile américaine conservent une place enviable dans le monde.

Il ne faut pas non plus sous-estimer la solidité des institutions politiques et judiciaires, qui sont aujourd’hui soumises à d’importantes tensions.

En 2018, malgré un président hostile à la séparation des pouvoirs et à l’indépendance judiciaire, les contrepoids institutionnels n’ont pas cédé et ils ont été renforcés par les électeurs en novembre.

Si une majorité d’Américains a désapprouvé la gouverne du président Trump en 2018, une majorité encore plus grande s’oppose à ses tentatives d’usurper les institutions politiques, ce qui permet un certain optimisme pour la suite des choses.

La crise politique actuelle comporte des risques bien réels, mais le succès d’une société ne tient pas qu’à la politique. La société civile américaine n’a pas dit son dernier mot.