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La poésie pour surmonter la déprime

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Photo d'archives, Agence QMI Pour les enfants du monde entier, un poème brûlant d’actualité qui nous invite à aimer la poésie.

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Les suggestions ne manquent pas pour nous sortir de la grisaille du quotidien : les thérapies, les voyages, le yoga, la méditation, les saines habitudes de vie, autant de recettes pour surmonter la déprime ambiante.

C’est que nous vivons à une époque où les valeurs sur lesquelles nous avons fondé notre démocratie s’érodent, le bien commun cède le pas, inexorablement, à l’individualisme et les crises politiques et humanitaires, à l’échelle planétaire, deviennent insurmontables.

Une année à oublier

L’année qui s’achève a été marquée par plusieurs tragédies. Elles se prolongeront, hélas, en 2019 et au-delà. Avec un peu d’espoir, on se surprend toujours à se souhaiter santé, bonheur, paix et prospérité.

Et dire que nous n’avons jamais été autant branchés pour « connaître » notre monde. Pourtant, nous n’avons jamais été aussi mal outillés pour le comprendre. « La connaissance s’acquiert­­­ par l’expérience, disait Einstein, tout le reste n’est que de l’information. »

Or, l’information a désormais pour principale source les médias sociaux. Des plateformes en continu qui déversent, sans filtre et sans nuances, quantité de fausses nouvelles. Ça en dit long sur la fragilité de notre démocratie.

La poésie comme antidote

Sur une note plus personnelle, la poésie a toujours été une source d’inspiration pour moi. J’ai écrit mon premier poème, dans mon Maroc natal, à 14 ans. Au milieu des années 1960, écrire, pour une jeune fille, était presque subversif. J’ai donc pris soin de signer avec un pseudonyme.

Une rencontre avec le grand poète, Driss El Jay, me renfor­cera dans cette passion. Il animait à la Radio nationale marocaine Jeunesse littéraire, une émission phare, en arabe classique.

Dédiée à la poésie universelle. Il y prêtait sa voix chaude et chaleureuse aux poèmes coups de cœur qu’il sélectionnait. Il y parlait aussi de Paul Valéry et de Federico Garcia Lorca.

N’écoutant que mon audace, j’ai décidé de lui soumettre un poème que j’avais écrit pour mes 16 ans. Quelle ne fut ma surprise quand je l’ai entendu le lire ! Désormais, la poésie fera partie de ma vie.

Mon pseudonyme m’a sauvée, car l’émission était écoutée en famille, le soir, à une heure de forte cote d’écoute. Il avait cependant deviné d’où je venais, ce qui m’a valu le titre de « poète de l’oliveraie », une région célèbre pour son huile d’olive.

Depuis, la poésie a marqué plusieurs étapes de ma vie. La période des Fêtes est particulièrement propice pour s’y plonger, des heures de bonheur qui me réconcilient avec notre monde, comme lorsque j’écoute la chanson d’Yves Duteil Pour les enfants du monde entier, des paroles brûlantes d’actualité.

Ou quand Chama, mon amie du collège, artiste peintre et poète, m’envoie des vers en guise de cadeau du Nouvel An :

« Amie !

Je t’ai aimée

Et je t’aime encore.

Je passe par des lieux,

Nos lieux d’enfance

Qui respirent notre présence

Malgré l’absence,

Remuent en moi tant de souvenirs

Que ni le temps ni la distance

N’ont pu draper d’oubli, d’indifférence. »

Faites-vous plaisir en 2019, découvrez l’un de nos poètes québécois.