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La pression s’accroît sur la Caisse pour générer plus de rendement

La performance de l’institution a fléchi comparativement à celle de ses pairs

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Après plusieurs années de solides performances, la Caisse de dépôt et placement a de plus en plus de mal à générer des rendements supérieurs à ceux de ses pairs.

Au premier semestre de 2018, la Caisse a enregistré un rendement de 3,3 %, contre 3,5 % pour le « portefeuille de référence » auquel elle se compare. L’an dernier, son rendement a atteint 9,3 %, soit à peine mieux que les 9,2 % de son indice repère. Le Régime de retraite des enseignants de l’Ontario (Teachers) a quant à lui obtenu un rendement de 11,5 % en 2017.

En 2016, pourtant, la Caisse avait largement surpassé ses pairs avec un rendement de 7,6 %, contre 5,8 % pour l’étalon de comparaison.

Sur cinq ans, la performance de la Caisse reste tout de même enviable avec un rendement annualisé d’environ 10 %, soit un point de plus que celui de l’indice de référence et de Teachers. Rappelons que la Caisse vise un rendement à long terme de 6 à 7 % par année pour répondre aux besoins de ses déposants, parmi lesquels on compte le Régime de rentes du Québec.

Dépenses en hausse

Alors que la pression s’accroît sur la Caisse en matière de rendement, ses dépenses augmentent fortement. L’an dernier, les charges d’exploitation et les frais de gestion externes ont bondi de 24 % pour dépasser les 600 M$ alors que l’actif a progressé de 10 %. Les salaires et avantages sociaux des employés ont augmenté de 17 % en raison notamment d’embauches à l’extérieur du pays.

Les frais de déplacement du personnel ont crû encore plus vite, enregistrant une hausse de 25 % en 2017 pour friser les 4,6 M$. Pendant les neuf premiers mois de 2018, ils ont toutefois baissé de 8 %.

Michael Sabia, lui, n’a pas ralenti la cadence. Ses frais de déplacement ont augmenté de 29 % en 2017 et sont en progression de 57 % jusqu’ici cette année.

Vive concurrence à l’étranger

« S’il y a des occasions de croissance dans le monde et que nos concurrents vont chercher ces rendements-là, qu’on ne les ramène pas au Québec parce qu’on n’est pas présents sur le terrain... Oui, ça implique certains coûts, mais en fin de compte, on évalue que c’est rentable », indique un porte-parole de la Caisse, Maxime Chagnon.

Ces dernières années, les charges et frais ont constamment augmenté, s’établissant aujourd’hui à 23 cents par 100 $ d’actif net moyen, contre 16 cents en 2014.

La Caisse continue néanmoins de faire bonne figure face à l’Office d’investissement des régimes de pensions et à Investissements PSP, dont les dépenses s’élèvent à près de 32 cents par 100 $ d’actif.

La Caisse de dépôt en bref

  • Rendement pour les six premiers mois de 2018 : 3,3 %
  • Rendement annualisé sur 5 ans : 9,9 %
  • Actif au 30 juin : 308 G$
  • 1100 employés