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Opérée à neuf jours de vie seulement

Un bébé qui aura bientôt un an a failli ne pas survivre à une grave condition médicale

Quebec
Photo Stevens LeBlanc À quelques jours de son premier anniversaire, Lyvia Ouellet est complètement remise de son opération à neuf jours de vie. Avec elle, sa mère Karine Vézina-Breton qui se réjouit que son enfant puisse vivre normalement un jour.

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Grâce à la persévérance de ses parents, un poupon né avec une grave malformation au diaphragme – et qui a été opéré à neuf jours de vie seulement – se porte aujourd’hui très bien.

« On est extrêmement chanceux », avoue Karine Vézina-Breton, la mère de Lyvia Ouellet. On voit d’autres bébés qui ont plus de séquelles. »

Née le 9 janvier, la petite Lyvia Ouellet a bien failli ne pas venir au monde.

Lors d’une échographie de routine, les examens ont révélé un sombre diagnostic : hernie diaphragmatique grave.

Puisque le diaphragme ne s’était pas refermé, les organes internes avaient monté dans la cage thoracique. Les poumons étaient compressés, le cœur avait dévié.

Pour la mère, cette annonce a été un véritable choc, un an après un avortement pour une autre condition médicale grave.

Peu d’espoir

« Quand j’ai su pour Lyvia, c’était encore une claque dans la face. C’était la totale », avoue la femme qui demeure à Lévis.

Devant ce tableau, les médecins qui la suivaient ne donnaient pas d’espoir de survie à Lyvia. Or, les parents ont décidé d’aller chercher un autre avis, à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

« Il y avait quelque chose dans ma tête qui me disait d’aller voir ailleurs. J’avais l’impression de jeter l’éponge trop rapidement », se rappelle-t-elle.

Après plusieurs tests, le pronostic de l’Hôpital de Montréal pour enfants était finalement meilleur.

« Elle avait beaucoup plus de chances de survie, dit la mère. On se fiait à notre instinct, on remettait ça dans les mains des chirurgiens. »

Or, le jour de sa naissance, la petite Lyvia n’était « pas sûre de passer au travers », confie la mère.

Elle a été rapidement intubée puisqu’elle n’arrivait pas à respirer.

À seulement neuf jours de vie, la fillette a subi une opération pour redescendre les organes dans sa cage thoracique.

Aller voir ailleurs

« Ça a été le moment le plus stressant de ma vie, avoue la mère. Mais ça a bien été ! »

Aujourd’hui, Lyvia s’est bien remise de sa condition.

Or, son poumon droit est beaucoup plus petit que le gauche, et son cœur est légèrement dévié vers la droite dans son thorax.

« Rayon de soleil »

À quelques jours du premier anniversaire de sa fille, Mme Vézina-Breton ne pourrait demander mieux.

« C’est un bébé enjoué, de bonne humeur. Je pourrais rendre n’importe quelle mère jalouse !

« Sans eux [l’équipe du Children], on n’aurait pas notre petit rayon de soleil », croit-elle.

Un deuxième avis bénéfique 

Un chirurgien qui a suivi de près Lyvia avant et après sa naissance croit que les parents ont bien fait d’aller chercher un deuxième avis, ce qui a donné une chance de vivre au bébé. 
 
« On peut dire qu’on lui a sauvé la vie, pas nécessairement par la chirurgie, mais par les conseils pendant la grossesse », souligne le Dr Jean-Martin Laberge, chirurgien pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants. 
 
Grâce à une clinique spécialisée pour les hernies diaphragmatiques, les médecins de l’établissement montréalais connaissent bien la condition médicale de Lyvia. Ils traitent entre six et dix enfants chaque année. Après l’échographie de la fillette, le pronostic n’était pas si mauvais. 
 
« Oui, il y avait des chances de décès, mais ce n’était pas si mal », se rappelle le Dr Laberge. 
 
Sans jeter la pierre aux médecins précédents dans le dossier, il croit que les parents font bien de pousser les recherches dans des cas graves.
 
« Quand on n’a pas un bon feeling, d’avoir un deuxième avis, des fois, ça vaut la peine », dit-il. 
 
Quant à l’avenir, Lyvia aura peut-être une capacité pulmonaire un peu réduite, mais elle vivra normalement. 
 
«Elle est partie de loin, dit le Dr. Plus le temps passe, plus ça va s’améliorer.» 

Hernie diaphragmatique

♦ Malformation congénitale qui touche environ 1 naissance sur 3000 ou 4000

♦ Puisque le diaphragme ne s’est pas refermé, les organes montent dans la cage thoracique. Le taux de survie est de 80 %