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2018 : l'année des murs

2018 : l'année des murs
AFP

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À l’aube d’une nouvelle année, l’heure est au bilan. Que devrions-nous retenir de l’année qui vient de s’écouler ? 2018 aura été l’année de la division, l’année des murs. 

Que vous soyez au Québec, au Canada, aux États-Unis, en France ou dans le reste de l’Europe, tous ont fait face à des murs dans la dernière année. Symbole de division, ces murs ont souvent été érigés à partir de la colère des peuples, partagée partout et par tous.

États-Unis : le mur mexicain

Les États-Unis sont le symbole le plus visible de l’édification de murs. La fin de l’année politique a été marquée par un shutdown du Congrès, faute de financement pour la construction d’un mur à la frontière américaine. Ce fut le mur emblématique de l’année 2018.

Du même coup, Trump frappe également un mur en cette fin d’année. L’enquête Mueller sur la collusion de son équipe avec les Russes, son obstruction possible au système de justice et sa possible entrave aux lois de financement électorales démontrent que l’étau se resserre autour du président américain. 

Après autant de scandales, de démissions, de révélations et de chaos, la Maison-Blanche se retrouve avec un locataire complètement isolé.

Il était temps, vous allez me dire ? Peut-être. Demeure que la santé mentale instable de Trump est inquiétante pour 2019. Jusqu’où est-il prêt à aller pour demeurer président ? Nous redoutons tous la réponse.

Canada : le mur linguistique 

Aussi surprenant que cela puisse l’être, le fédéralisme canadien a aussi frappé un mur dans la dernière année. Même si la question nationale a été absente de l’élection provinciale de 2018, nous avons été témoins d’une recrudescence de l’hostilité canadienne envers le français.

La décision de Ford de couper le financement d’une future université francophone en Ontario a fait preuve d’une profonde insensibilité pour les Franco-Ontariens. Sans parler de l’élection de Blaine Higgs et du People’s Alliance hostiles aux droits des Acadiens du Nouveau-Brunswick, seule province bilingue au Canada.

Et finalement l’hostilité publique des Albertains envers les Québécois qui refusent le passage d’un nouveau pipeline au Québec. Comme si le Canada commençait à se séparer du Québec.

Bref, le mirage de la cohabitation harmonieuse de la fédération canadienne a frappé un mur en 2018. Un mur qui semblait pourtant se dissoudre dans les dernières années.

France : le mur jaune

La France a sans aucun doute été le noyau de la colère populaire en fin d’année. Les gilets jaunes ont été le symbole de la révolte en 2018. 

Les Français, vivant loin des grands centres, se sentent floués par des décisions politiques qui les ignorent, par des impôts toujours plus élevés avec des services de moindre qualité et par des inégalités sociales et économiques croissantes.

Ce cocktail explosif a provoqué la mobilisation de milliers de Français qui ont fait reculer le gouvernement. 

Celui qui a écopé ? Emmanuel Macron. Complètement désincarné, il a perdu son sens aigu de la politique qui l’avait pourtant mené à la présidence française. C’est le cas de le dire : Emmanuel Macron a foncé tête première dans un mur peinturé jaune en 2018.

Europe : le mur populisme

Le peuple, en 2018, s’est réveillé. Comme souvent, le réveil a été brutal, désordonné et maladroit. 

En Italie, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Pologne ou ailleurs, les partis populistes ont quitté les marges. D’autres pays à la démocratie fragile ont également basculé vers un autoritarisme à peine camouflé. C’est le cas du Brésil, de la Turquie, et bien sûr, des États-Unis. 

Le populisme qui passe de la marginalité au pouvoir n’est pas la cause, mais la conséquence à la colère de 2018. En donnant le pouvoir à des « hommes forts » qui veulent rendre la « grandeur » à leur pays en pointant des boucs émissaires, l’humanité en 2018 a définitivement frappé un mur.

L’année 2019

Aussi tragique que cela puisse l’être, 2018 a peut-être été l’étincelle d’un monde à feu et à sang. C’est pourquoi il y a dans l’année 2018 une odeur inquiétante. 

C’est souvent dans ces moments de vérité, où tout semble s’effondrer, que des hommes et femmes politiques d’envergure comme Lincoln, Roosevelt, De Gaulle, Churchill, Kennedy, Veil, Obama et Lévesque, émergent et réussissent à changer de cap.  

De l’ombre émerge souvent la lumière. Souhaitons qu’en 2019, l’arrivée de nouveaux dirigeants fassent tomber les murs de la division et permettent à l’humanité d’avancer.