/news/provincial
Navigation

Elle jette l’éponge après 36 ans

Monique Pelletier, ex-propriétaire
Photo Annie T. Roussel Monique Pelletier, ex-propriétaire

Coup d'oeil sur cet article

La pénurie de main-d’œuvre transforme le paysage de la restauration dans le quartier du Vieux-Port. Alors que Le Brigantin ferme ses portes, le Café St-Malo, une institution de la basse-ville, a changé de main il y a quelques semaines.

Monique Pelletier était propriétaire du Café St-Malo depuis sa fondation il y a 36 ans. Il s’agit de l’un des plus anciens restaurants du quartier.

« Les dernières années ont été très difficiles », concède Mme Pelletier, citant elle aussi le manque de main-d’œuvre, surtout de « main-d’œuvre de qualité ».

« Le problème, c’est qu’on n’était pas capables d’avoir des aides de cuisine, dont on a besoin pendant l’été. À un moment donné, il y avait trop d’ouvrage. Les cuisiniers devenaient fous », témoigne la restauratrice de 66 ans.

Faute de personnel suffisant en cuisine, le Café St-Malo a dû réduire le nombre de places disponibles.

« Au niveau des serveurs, on n’a pas eu de problème. On engageait moins, parce que ça ne servait à rien : on n’était pas capables de servir les clients adéquatement », relate-t-elle.

Finalement, la restauratrice n’a pas réussi à former un seul aide de cuisine.

Nouveaux propriétaires

Philippe, Sophie et Philippe, les nouveaux propriétaires du Café Resto Saint-Malo avec Monique Pelletier l'ancienne propriétaire.
Photo Annie T. Roussel
Philippe, Sophie et Philippe, les nouveaux propriétaires du Café Resto Saint-Malo avec Monique Pelletier l'ancienne propriétaire.

Contrairement au Brigantin, l’établissement de la rue Saint-Paul n’a pas fermé. Il a cédé à de nouveaux propriétaires, trois trentenaires enthousiastes, au début du mois de décembre.

Ces derniers se sont fait un devoir d’en conserver l’âme. L’endroit a été sobrement rebaptisé le Bistro St-Malo, alors que le menu et la décoration ont simplement été rafraîchis.

« Je les trouve courageux », lance Monique Pelletier, qui a promis de ne pas se mêler « de leurs affaires », tout en offrant ses conseils en cas de besoin.

Les jeunes entrepreneurs sont propriétaires d’un restaurant pour la première fois, mais ils sont loin d’être des néophytes. Ils cumulent à eux trois une cinquantaine d’années d’expérience dans l’industrie. Ils ont foncé tête première dans cette aventure, malgré les difficultés de recrutement et la forte concurrence.

« Je travaille tout le temps. Je suis ici tous les jours, pas de journée off, puis j’aime ça », assure Philippe Racine, copropriétaire, tout en reconnaissant que « tu ne fais pas ça toute ta vie. Je comprends Monique ».