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À surveiller en 2019: la corruption encore sous la loupe

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La lumière sera-t-elle faite en 2019 sur les allégations de financement illégal au Parti libéral du Québec ? Quel sort la justice réserve-t-elle à l’ex-PDG de SNC-Lavalin, accusé de corruption ? Voici quelques enjeux qui seront dans la mire des journalistes de notre Bureau d’enquête en 2019.

L’enquête criminelle sur le financement du PLQ

Photo d'archives, The Canadian Press

Que se passe-t-il avec la fameuse enquête Mâchurer de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui s’intéresse aux allégations de financement illégal au Parti libéral du Québec (PLQ) ?

En 2017, notre Bureau d’enquête révélait que la police avait notamment dans sa mire l’ex-premier ministre Jean Charest et l’ex-grand argentier du PLQ Marc Bibeau.

Plusieurs démarches de filature, de perquisitions et d’analyses de documents avaient été entreprises.

Puis, il y a un an, le commissaire à la lutte contre la corruption Robert Lafrenière avait affirmé en entrevue que pas moins de 300 témoins avaient été rencontrés dans le cadre de cette vaste enquête. « Soyez patients, ça va être payant », promettait-il.

Depuis... plus de nouvelles. Robert Lafrenière a démissionné, et le nouveau patron par intérim de l’UPAC Frédéric Gaudreau a annoncé ses couleurs en décembre. Il a l’intention d’en dire encore moins que son prédécesseur sur l’état des démarches policières.

« Il est préférable de rester très prudent et de ne pas répondre à ce type de question », a-t-il affirmé lors d’un point de presse.

Les Québécois qui souhaitent que la lumière soit faite dans ce dossier devront donc prendre leur mal en patience.

Surtout que l’UPAC devrait avoir un nouveau patron en 2019, nommé aux deux tiers de l’Assemblée nationale en vertu d’un changement législatif.

La vérité sur le salaire des médecins

Photo d'archives, Chantal Poirier

Les médecins spécialistes québécois gagnent-ils trop cher ? La très attendue étude sur leur rémunération, qui doit être complétée en 2019, permettra de le savoir.

Elle comparera les revenus des médecins québécois avec ceux de leurs collègues des autres provinces, ainsi que la charge de travail et la facturation par code d’actes.

L’étude confiée à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) devait être remise en septembre 2019, mais elle sera devancée à la suite d’une entente entre le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Certains résultats seront transmis dès janvier aux parties. Les conclusions seront dévoilées une fois l’étude terminée.

En campagne électorale, le premier ministre François Legault avait dit trouver « injuste » que les médecins du Québec gagnent plus que ceux de l’Ontario. Il espère récupérer un milliard de dollars sur la masse salariale.

Procès pour corruption de SNC-Lavalin et son ex-PDG

Photo d'archives, Chantal Poirier

L’enquête préliminaire du géant de l’ingénierie québécois SNC-Lavalin, accusé de fraude et de corruption en lien avec ses activités en Libye, s’est amorcée cet automne avec l’audition de nombreux témoins.

Le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, devra bientôt déterminer si la preuve est suffisante pour qu’un procès en bonne et due forme ait lieu contre l’entreprise.

Parallèlement à cela, le procès pour corruption de l’ancien PDG de SNC-Lavalin Pierre Duhaime devrait se tenir en février et durer plus de trois mois.

Duhaime est accusé d’avoir participé au versement d’un pot-de-vin de 22,5 millions de dollars à des responsables du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) afin de s’assurer que SNC-Lavalin obtienne le contrat pour la construction du méga hôpital.

Vers le grand ménage en informatique ?

Photo d'archives, Simon Clark

La CAQ promet de tasser les incompétents et faire le ménage du « bordel informatique », à la suite des nombreuses révélations de notre Bureau d’enquête.

Le nouveau ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, veut abolir le Centre de services partagés du Québec (CSPQ). Il a traité les fonctionnaires qui y travaillent « d’incompétents ».

Par contre, le gouvernement a laissé tomber son engagement de tenir une commission d’enquête publique sur l’octroi des contrats en informatique.

Le ministre croit pouvoir régler les problèmes de dépassements de coûts et de ratés lui-même.

Un autre défi guette M. Caire. Notre Bureau d’enquête a dévoilé cette année que le nombre d’attaques informatiques a explosé dans les organismes et ministères.

Les failles sont multiples et sont connues des pirates.

La CAQ assure qu’elle créera une politique de cybersécurité gouvernementale.