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Les faits marquants de l’année

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L’année 2018 a été ponctuée de multiples rebondissements sur la scène municipale dans la région de Québec. Voici mes principales observations et remarques. À l’an prochain !

L’étoile du match

Gilles Lehouillier
Photo Pascal Huot
Gilles Lehouillier

Il faut beaucoup de courage pour oser dénoncer une situation impliquant une figure d’autorité. C’est pourtant ce qu’ont fait trois victimes alléguées qui ont déposé, cette année, des plaintes pour harcèlement psychologique contre le maire Gilles Lehouillier, à Lévis. Une vaste enquête effectuée par le Journal de Québec a permis de recueillir les témoignages de 11 sources qui ont été victimes ou témoins de gestes violents de la part de M. Lehouillier dans un contexte professionnel. Du côté de L’Ancienne-Lorette, l’ex-chef de cabinet d’Émile Loranger, Marie-Ève Lemay, a également porté plainte contre ce dernier. Un règlement hors cour est intervenu dans ce cas, en octobre, ce qui a pour effet que le fond de l’affaire ne pourra être révélé au public. Les étoiles reviennent donc à ces personnes qui ont osé dénoncer. La CNESST enquête toujours sur les plaintes à propos de M. Lehouillier.

Au banc des punitions

Jonatan Julien
Photo Didier Debusschère
Jonatan Julien

Le maire Régis Labeaume aurait dû s’abstenir de jeter en pâture son bras droit, Jonatan Julien, en déclarant publiquement que celui-ci l’avait échappé dans le dossier de la centrale de police de Québec. En plus de provoquer une crise de confiance à l’interne et de faire tourner le vent en sa défaveur, M. Labeaume a choqué les gens. Sa sortie a provoqué le départ de M. Julien, qui a depuis été élu sur la scène provinciale. Cette désertion a rendu nécessaire la tenue d’élections partielles dans Neufchâtel-Lebourgneuf. Équipe Labeaume, qui représentait ce district depuis plusieurs années, a dû s’incliner devant un candidat de l’opposition.

Mention spéciale

Jean Rousseau
Photo Agence QMI, Simon Clark
Jean Rousseau

Même s’il hésite pour le moment, Jean Rousseau aurait tout avantage à se présenter à la chefferie de son parti au printemps. Seul élu de Démocratie Québec, il sait trouver le bon ton et exercer un leadership efficace et rassembleur, tout en demeurant fidèle à ses convictions. On sent qu’il s’est lancé en politique pour les bonnes raisons.

Mention spéciale

Les partis d’opposition et les conseillers indépendants à l’hôtel de ville de Québec ont pu mettre de côté la partisanerie pour unir leurs efforts dans certains dossiers, cette année. Devant les nombreux conseillers d’Équipe Labeaume -15 élus sur 21, en plus du maire -, ils ont tout avantage à procéder ainsi dans le but d’obtenir plus de visibilité et d’augmenter leur poids politique.

Coup de circuit

Après une dizaine d’années à tourner en rond dans ce dossier, pour diverses raisons, le maire Régis Labeaume est parvenu à obtenir l’appui de tous les partis à l’Assemblée nationale du Québec pour le tramway. Une fois élu, François Legault a réitéré l’appui de son gouvernement au projet. Québec est la seule ville de 500 000 habitants et plus au Canada à ne pas être dotée d’un système de transport structurant. Le fédéral devrait confirmer sa participation en 2019.

Coup de théâtre

Les villes défusionnées ont obtenu gain de cause dans le dossier des quotes-parts, après de nombreuses années de bataille juridique. Le juge Bernard Godbout a en effet condamné la Ville de Québec à leur verser 38 M$ au total. Ces frais ont fait l’objet d’une entente entre les trois villes, en 2009, et concernent divers services assumés par la Ville de Québec sur tout le territoire de l’agglomération, soit la collecte des ordures, le service de police, les pompiers et le transport en commun, notamment. L’Ancienne-Lorette contestait les frais exigés par la ville centre. La Ville de Québec a toutefois reçu l’autorisation de faire appel dans ce dossier.

Coup bas

Régis Labeaume
Photo Agence QMI, Simon Clark
Régis Labeaume

À peine une journée après avoir participé à une activité sur la santé mentale, Régis Labeaume y est allé d’une déclaration qui en a choqué plus d’un. L’opposition proposait d’augmenter la limite de vitesse à 70 km/h entre le boulevard Lebourgneuf et Chauveau, sur Robert-Bourassa : « Ça fait 10 fois qu’on le dit, mais, visiblement, ils sont autistes ». Ce manque de tact a forcé le maire à s’excuser auprès des autistes pour les avoir comparés à l’opposition à l’hôtel de ville. A-t-on vraiment besoin de ce genre d’intimidation en politique municipale à Québec ? M. Labeaume donne un bien mauvais exemple.

Le virage à 180 degrés

Jean-François Gosselin
Photo Jean-François Desgagnés
Jean-François Gosselin

Pour des raisons obscures, le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, Jean-François Gosselin, s’est mis à s’intéresser à un projet de métro, alors qu’il s’est toujours positionné contre le transport en commun. Tant mieux s’il a acquis un peu de bon sens sur la nécessité de développer le transport en commun à Québec, mais on peut se demander si l’idée d’un métro lui serait apparue aussi favorable si elle avait été le projet retenu par l’administration Labeaume, au lieu d’un tramway-trambus.

Déception

Le gouvernement caquiste, qui a placé au cœur de sa campagne électorale pour la région de Québec un hypothétique troisième lien, projet des années 60 très peu documenté. Ce projet ressurgit tous les vingt ans depuis un siècle, mais n’a jamais été réalisé parce qu’il n’a jamais été démontré qu’un tel projet pourrait régler les problèmes de congestion routière, et qu’il en coûterait une somme considérable alors que le besoin et le bien-fondé n’en ont pas été démontrés.

Retirés sur trois prises

Marcel Corriveau
Photo Stevens LeBlanc
Marcel Corriveau

Un rapport dévastateur du ministère des Affaires municipales a révélé des manquements graves de l’ancienne administration de Marcel Corriveau, ex-maire de Saint-Augustin-de-Desmaures. Parmi les reproches, graves et nombreux, on note des contrats fractionnés ou injustement octroyés sans appel d’offres ; des appels d’offres discriminatoires ; et une mauvaise gestion des emprunts et projets. Les élus actuels de la municipalité réclament une enquête de l’UPAC sur l’ensemble des années de gouverne de l’administration précédente, qui a laissé une ville avec des finances catastrophiques.