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Petit éloge du Bye Bye

Le Bye Bye nous rassemble

Petit éloge du Bye Bye
Capture d'écran Bye bye 2018

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Je le dis tout de suite: j’ai beaucoup aimé le Bye Bye. Il était brillant, piquant, transgressif, et même quand un sketch m’a exaspéré, je l’ai trouvé drôle quand même. Mais ce que j’ai surtout aimé du Bye Bye, c’est qu’il a apparemment atteint un record d’audience. En d’autres mots, le 31 décembre au soir, les Québécois, très massivement, malgré leurs divisions en mille chapelles, se sont rassemblés pour faire un bilan partagé de leur année, poursuivant ainsi une tradition d’un demi-siècle qui on l’espère, durera encore longtemps. Dans un monde comme le nôtre, qui ne cesse de se fragmenter en enfermant chacun dans sa chapelle, ce n’est pas un détail. Le Bye Bye est un moment collectif dans une société individualiste, un moment politique, même, dans la mesure où il met à jour certaines représentations culturelles et nous permet à peu près de savoir où nous en sommes rendus. Il rappelle le chemin parcouru pendant toute une année sous le signe de l’humour, et si ses concepteurs ne manquent pas leur coup, il parvient à réconcilier une société le temps d’un grand rire pour clore l’année.  

Tous les peuples ont besoin de tels moments collectifs, naturellement, mais les Québécois en ont encore plus besoin. Petite nation improbable coincée dans un pays qui la nie et aux marches de l’empire le plus puissant de tous les temps qui a tendance à écraser tout ce qu’il n’est pas, nous avons, plus que d’autres, besoin d’avoir conscience de notre destin partagé et de nous rappeler régulièrement que nous poursuivons une aventure en commun, surtout dans un monde où les traditions d’hier se sont décomposées et n’existent plus qu’à la manière d’un folklore que nous ne ressortons annuellement qu’au deuxième degré, sans y adhérer véritablement. Dès lors, les émissions que nous avons en commun, les chansons que nous savons reprendre ensemble, les quelques idées que nous partageons au-delà de nos divisions idéologiques, sont d’une importance vitale. Et les artistes qui font vivre cette culture le sont aussi. Certains diront: c’est bien peu. Je répondrai: c’est déjà ça. Si j’ai aimé ce Bye Bye, c’est qu’il a fait la preuve qu’au fond de nous-mêmes, malgré ce qui nous divise, nous sommes toujours des Québécois.