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Comment mangerez-vous en 2019?

Cannabis, protéines alternatives et repas en boîte feront leur place dans les assiettes au Québec

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Sans grande surprise, le cannabis risque fort d’être au cœur des nouvelles tendances alimentaires à surveiller en 2019, car la vente de produits dérivés pourrait être légalisée dès l’automne prochain. Le bio, les protéines sous de nouvelles formes et une malbouffe plus saine continueront aussi de gagner en popularité, selon les experts interrogés par Le Journal.

Malbouffe réinventée

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Le site Web américain Food Navigator, qui analyse l’industrie agroalimentaire nord-américaine, prédit que l’année 2019 sera celle du chou-fleur. Le légume peut remplacer les pâtes à pizza ou craquelins, par exemple, et ses produits devraient être de plus en plus présents sur les tablettes.

« On élève la valeur nutritionnelle du junk food », estime Sylvain Charlebois.

Pour sa part, Isabelle Marquis espère que l’année 2019 sera celle qui brisera l’idée que manger santé et plaisir sont incompatibles. Elle ajoute que de plus en plus, des chefs trouvent des façons de réinventer ou préparer des plats comme le macaroni au fromage ou les ailes de poulet BBQ avec des ingrédients sains, sans en négliger le goût.

Repas en boîte

Les consommateurs vont « se déplacer moins et davantage faire venir à eux », explique Isabelle Marquis. Les entreprises qui livrent des boîtes d’ingrédients à la maison pour préparer un repas, comme Marché Goodfood et HelloFresh, « sont là pour rester », selon elle, et feront des petits.

Sylvain Charlebois souligne que le développement d’applications mobiles profite énormément à l’industrie agroalimentaire et permet à de nouvelles entreprises de faire compétition aux grandes épiceries.

Les restaurants tirent aussi leur épingle du jeu, dit-il. L’explosion du nombre de services de livraison à domicile leur donne la chance d’agrandir leur marché.

Le bio moins cher

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« Ce qui commence à être moins cher et devrait continuer de l’être, c’est l’offre biologique. Il y a de plus en plus de producteurs bio [...] les prix commencent à baisser », souligne Isabelle Marquis.

Aux États-Unis, Food Navigator prédit aussi l’arrivée d’entreprises qui offriront des produits santé à meilleur marché que les produits souvent considérés comme un luxe.

Pour sa part, Sylvain Charlebois estime aussi qu’une « diète santé est de plus en plus abordable » en 2019.

Cannabis

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« Qu’on le veuille ou non, ça va apparaître sur nos tablettes », estime la consultante en marketing agroalimentaire Isabelle Marquis. Au-delà des bonbons et brownies euphorisants, elle s’attend à ce que d’autres ingrédients du cannabis soient mis en valeur, comme le cannabidiol (CBD), qui aurait des propriétés plus relaxantes.

La légalisation annoncée des produits dérivés comestibles « va mobiliser beaucoup d’entreprises », croit aussi l’expert en agroalimentaire Sylvain Charlebois. Il s’attend notamment à ce que l’industrie des breuvages mise sur le cannabis.

Isabelle Marquis fait aussi valoir que le chanvre, bien que discret, est déjà présent sur le marché. Les graines de chanvre sont notamment reconnues pour leur apport en oméga-3. Reste à voir s’il ne s’agira que d’un buzz marketing ou si la curiosité des consommateurs sera au rendez-vous, lance-t-elle.

Guerre des protéines

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Les consommateurs québécois continueront de voir apparaître encore plus de protéines alternatives pour remplacer la viande de leurs assiettes en 2019.

Surtout que la publication prochaine du nouveau Guide alimentaire canadien risque de recommander la pédale douce sur la viande, croit Sylvain Charlebois. « On délaisse de plus en plus la viande pour réduire notre consommation », remarque-t-il déjà.

Après les insectes l’an dernier, Isabelle Marquis prédit l’arrivée de l’algue comme nouvelle source de protéines à la mode pour ceux qui cherchent à oser autre chose que les lentilles ou le tofu. « [Les algues] ont mille et une possibilités qu’on commence tout juste à découvrir », dit-elle. Elle ajoute que par leur goût et leur texture, les champignons sont aussi de plus en plus privilégiés pour remplacer les produits de viande.

Moins de déchets

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Autant l’industrie agroalimentaire que ses clients continueront leurs efforts pour réduire la production de déchets alimentaires ou plastiques.

« On commence à arrêter de jeter », remarque Isabelle Marquis, notant l’arrivée d’entreprises qui utilisent les noyaux et les tiges des fruits ou de boulangers qui utilisent les résidus de microbrasseurs, et vice-versa.

Le suremballage des produits en épicerie, souvent critiqué, pourrait aussi changer, selon Mme Marquis, soulignant l’effort fait pour épurer et simplifier la présentation des produits.

Par contre, ce changement prendra du temps, puisque la pellicule plastique qui enrobe un concombre anglais, par exemple, permet de doubler et même tripler sa durée de vie.

Meilleure traçabilité

Les scandales du cartel du pain ou du miel et de l’huile d’olive dilués avec d’autres produits ont fait croître la méfiance des consommateurs, selon Isabelle Marquis, ajoutant qu’ils chercheront encore plus à connaître l’origine de ce qu’ils achètent.

De plus en plus d’entreprises se dotent donc de programmes de traçabilité, notamment pour le lait, permettant de savoir de quelle ferme il provient.

Grâce à un code QR à lire avec un téléphone intelligent, des entreprises permettent à un acheteur de savoir dans quelle mer, quel bateau et à quelle heure un poisson frais a été pêché, raconte-t-elle, soulignant que ces technologies sont vouées à prendre de l’ampleur.