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Une donneuse de leçons

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Amel Zaazaa est débarquée au Québec il y a cinq ans, venue de sa Tunisie natale. Le 28 décembre dernier, cette féministe antiraciste, sympathisante de QS et membre de la Fédération des femmes du Québec publie dans Le Devoir une lettre ouverte au premier ministre du Québec.

La femme est lettrée, diplômée dans son pays où elle a travaillé pour l’ambassade de France. Son texte est une charge sans retenue contre « le Québec au racisme systémique ». La dame manie la langue avec aisance, mais surtout avec arrogance. Elle a adopté un pédantisme intellectuel hérité de la France et n’hésite pas à condamner le Québec, « une société qui perpétue une discrimination structurelle envers plusieurs d’entre nous ».

Son expérience d’immigrante n’a que cinq ans, mais elle cite savamment le profilage racial des corps de police qui vise « les personnes racisées et autochtones ». Elle dénonce les services de police qui ne comptent « aucune femme voilée et seulement 3 % d’agents issus des minorités visibles ».

Bien sûr, madame Zaazaa s’insurge contre l’absence de diversité dans les médias et sur la scène culturelle. Mais surtout, elle note que « l’Assemblée nationale en Chambre et dans ses couloirs compte une majorité écrasante blanche ».

Histoire

Sa connaissance du Québec multiculturel dans lequel elle circule avant tout l’empêche certainement de se rendre compte que le Québec tout entier est très majoritairement blanc. Mais ignore-t-elle que le Québec fut découvert par des Français blancs, qu’il fut vaincu en 1759 par des Britanniques blancs et qu’il a été peuplé très majoritairement par la suite par des Blancs ?

« Combien d’élus racisés avez-vous parmi vos députés ? » demande insolemment madame Zaazaa au premier ministre. « Combien de femmes voilées croisez-vous à l’Assemblée ? Zéro », écrit cette provocatrice professionnelle.

Madame Zaazaa, militante du voile, oublie-t-elle que la députée de Mercier, Ruba Ghazal, est « musulmane croyante et laïque » ? Amal Zaaza, pourtant non voilée, croit-elle que la députée devrait être voilée pour être plus représentative des femmes musulmanes ?

Anticolonialiste

Nouvellement arrivée au Québec, une société minoritaire à l’identité culturelle fragilisée, madame Zaazaa semble très imbibée de sa culture tunisienne postcoloniale. Elle se comporte comme beaucoup de membres de la bourgeoisie des ex-colonies françaises qui s’avèrent des critiques implacables anticolonialistes après avoir bénéficié des avantages du « colonisateur ».

Précisons à la dame que le Québec n’est pas la France. C’est une société colonisée à sa manière par les Britanniques. Un colonialisme de gentlemen, dirait-on. Sur ce terrain, madame Zaazaa devrait se garder une petite gêne et s’assurer de ne pas plaquer des modèles étrangers sur la société qui l’accueille.

Les Québécois sont prêts à entendre les récriminations de cette femme. Mais un séjour de cinq ans parmi nous devrait rendre Amel Zaazaa plus sensible à ceux qui n’ont pas ses références culturelles. Cependant, ils en possèdent d’autres, qu’elle devrait connaître. Ils aiment qu’on s’intéresse à eux, que l’on manifeste un minimum de curiosité pour le Québec hors Montréal et que l’on soit reconnaissant de l’ouverture d’esprit, peut-être imparfaite, que l’on manifeste envers les immigrants qui, comme elle, s’installent chez eux.