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Les difficultés d’une reconstruction

Malgré plusieurs sélections prometteuses au premier tour dans les dernières années, dont Connor McDavid en 2015, les Oilers d’Edmonton sont encore menacés de rater les séries éliminatoires.
Photo AFP Malgré plusieurs sélections prometteuses au premier tour dans les dernières années, dont Connor McDavid en 2015, les Oilers d’Edmonton sont encore menacés de rater les séries éliminatoires.

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J’étais de ceux qui estimaient la saison dernière que le Canadien devait passer par une reconstruction complète. Marc Bergevin s’était inscrit en faux dans son bilan de fin d’année en disant que son équipe n’avait besoin que d’un reset ou, si vous préférez, d’une réinitialisation.

La tenue du Tricolore lui donne raison jusqu’ici cette saison. Tout est loin d’être parfait, mais on conviendra que c’est beaucoup mieux que l’an dernier. Le Canadien a regagné un capital de sympathie chez les amateurs.

Bergevin a d’abord réalisé de bonnes transactions durant l’entre-saison. Tomas Tatar et Max Domi ont fait oublier Max Pacioretty et Alex Galchenyuk.

L’avenir à moyen et à long terme s’annonce aussi nettement meilleur qu’à pareille date l’an dernier. Si la sélection de Jesperi Kotkaniemi au troisième rang du repêchage en juin dernier paraissait audacieuse, le temps démontre que l’organisation a misé sur un bon cheval.

Nick Suzuki, qui a été obtenu en compagnie de Tatar et d’un choix de deuxième ronde au prochain repêchage, constitue un espoir prometteur. Ryan Poehling et Alexander Romanov font bien au Championnat du monde junior.

Josh Brook, Cale Fleury et Jake Evans sont d’autres jeunes qui figurent sur le radar.

Le piétinement des Oilers

Les amateurs qui prêchaient pour une refonte en profondeur diront qu’on ne retrouve aucun Connor McDavid ou Auston Matthews dans ce groupe. C’est un fait, mais faisons une analyse plus en profondeur.

Examinons les cas des Oilers d’Edmonton, des Sabres de Buffalo, des Hurricanes de la Caroline, des Panthers de la Floride, des Coyotes de l’Arizona et des Maple Leafs de Toronto. Ces six équipes ont bénéficié de plusieurs choix au repêchage de haut niveau au cours des dernières années.

Commençons par les Oilers. Ils ont sélectionné parmi les 10 premières équipes à une dizaine d’occasions au cours des 11 dernières années. En plus de McDavid en 2015, ils ont eu la chance de choisir trois autres premiers choix qui furent Taylor Hall en 2010, Ryan Nugent-Hopkins en 2011 et Nail Yakupov en 2012.

C’est sans oublier Leon Draisaitl sur qui ils ont mis le grappin au troisième tour du repêchage de 2014, derrière Aaron Ekblad (Floride) et Sam Reinhart (Buffalo).

La gaffe de Chiarelli

Deux des cinq joueurs mentionnés plus haut ne font plus partie des Oilers. Le directeur général Peter Chiarelli, le même qui avait échangé Tyler Seguin des Bruins de Boston aux Stars de Dallas, a commis l’erreur d’envoyer Hall aux Devils du New Jersey contre Adam Larsson, un défenseur bien ordinaire.

Mais à part McDavid, Leon Draisaitl, Nugent-Hopkins et Alex Chiasson qui a inscrit 16 buts à ses 31 premiers matchs à Edmonton, le reste du matériel des Oilers laisse plutôt à désirer. Ils pourraient rater les séries pour une 12e fois en 13 ans.

Rien n’est gagné pour les Sabres

Les Sabres ont pour leur part choisi dans le top huit au cours des six dernières années. Jack Eichel, en 2015, et Reinhart, en 2014, ont été repêchés au deuxième rang. L’an dernier, ils ont mis la main sur Rasmus Dahlin, qui était considéré comme le meilleur espoir de la cuvée.

Après un bon début de saison, les Sabres viennent d’être devancés par les Bruins de Boston au troisième rang de la division Atlantique. Rien n’est perdu pour eux, loin de là.

Mais leur avenir immédiat repose entre une première participation aux séries en sept ans ou une septième exclusion consécutive.

Dans le même bateau

À l’instar des Oilers, les Panthers, les Hurricanes et les Coyotes n’en finissent plus de tirer de la patte.

Les Panthers ont repêché Jonathan Huberdeau, troisième en 2011, Aleksander Barkov, deuxième en 2013, et Ekblad, premier en 2014. On les voyait dans les séries cette année, mais ils font face à la perspective de ne pas être du tournoi printanier pour une sixième fois en sept ans.

Malgré quatre choix dans le top sept au cours des six dernières années, les Hurricanes vont vraisemblablement manquer les séries pour une 10e fois en 11 ans. Ces quatre dernières années, les Coyotes ont bénéficié de quatre sélections parmi les sept premières, mais ils se destinent vers une septième exclusion successive des séries.

Enfin, parlons des Leafs.

On les dit plus proches de la coupe Stanley que le Canadien. Or, mine de rien, ils ne devancent le Tricolore que par cinq points dans la division Atlantique.

Alors, le Canadien a-t-il bien fait de ne pas repartir à zéro ?

Qu’est-ce qui cloche avec Price ?

Carey Price est devenu drôlement fragile. Il a quitté l’entraînement hier en raison d’étourdissements. Rien à voir donc, s’il faut se fier au Canadien, avec la blessure qui l’a tenu à l’écart de la deuxième portion du voyage des Fêtes dans le sud américain.

Mais parlons justement de ce malaise au bas du corps. La direction de l’équipe identifie le problème comme une irritation. Si c’est au niveau de son genou fragile, ça pourrait être inquiétant.

À moins que ce soit une hanche qui soit touchée.

Si je dis ça, c’est que la manie qu’ont les gardiens d’aujourd’hui de glisser sur leurs jambes d’un côté à l’autre du filet pour protéger le bas de la cage peut à la longue causer de l’inconfort au niveau des hanches.

Rappelons-nous les nombreux gardiens qui préconisaient le style papillon. Certains d’entre eux ont dû subir des opérations durant ou après leur carrière pour corriger la situation.

Sa carrière d’abord

Aussi, même si Price dit avoir l’intention de prendre part au match des étoiles, je persiste à croire qu’il devrait s’abstenir.

Le règlement stipule qu’un joueur qui renonce à participer à cette rencontre doit s’absenter d’un match de son équipe avant ou après la pause de la classique annuelle.

Or, le Canadien profitera de son congé d’une semaine après la fin de semaine du match des étoiles à San Jose. En sautant la rencontre du 23 janvier contre les Coyotes de l’Arizona au Centre Bell, Price profiterait d’une période de deux semaines sans jouer.

Ça lui ferait le plus grand bien dans les circonstances.