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Sourire et être présente aux gens

Sourire et être présente aux gens
Photo Chantal Poirier

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Animée d’une passion et d’une joie de vivre à l’épreuve de tout, Sœur Angèle est toujours aussi active et raconte, dans la suite de la biographie qui lui est consacrée, ses réalisations des dernières années. Elle donne les secrets de sa joie de vivre, de sa vitalité et de sa grande sérénité. « Un sourire et être là, c’est tout ce que ça prend pour rendre les gens heureux. »

Même si elle est moins présente à la télévision, Sœur Angèle n’en demeure pas moins très active. Depuis 2009, elle a voyagé beaucoup, mis en place une fondation au profit des jeunes défavorisés, créé un fromage à son nom et des vins sans alcool. « C’est dans nos projets que la vie est belle ! » s’exclame-t-elle.

Elle en a moins parlé, mais elle a aussi combattu un cancer du côlon il y a quatre ans et affirme aller très bien en ce moment. « Le Bon Dieu a été bon. Moi, je ne prends pas à cœur, je prends ça à l’heure. J’ai décidé de vivre un jour à la fois et d’être heureuse à travers ça. »

Authentique, sincère, drôle et toujours bienveillante, Sœur Angèle parle de ses grands principes de vie dans son livre, et en entrevue. « Qu’est-ce qui m’anime ? Quand tu donnes tout ce que tu as, tu es heureuse. »

C’est possible d’être heureux et d’avoir une joie profonde, même si la vie nous apporte des défis et des épreuves, assure-t-elle. « La recette est bien simple : tout ce qui t’arrive, il ne faut pas te l’approprier toi-même. Des difficultés, des mauvaises nouvelles, ça arrive. Il faut que tu te dises : est-ce que je vais rester dans ça ? Ben non ! Tu tournes la page et puis tu recommences à neuf. »

Puis elle ajoute : « J’ai toujours dit que quand une porte se ferme, il y a une autre grande porte qui s’ouvre. »

Rapports humains

Sœur Angèle croit aux rencontres, aux rapports humains, et il lui arrive régulièrement de bénir une classe, une cuisine. « Ça coûte rien rendre les gens heureux et la joie te revient. C’est un échange. Le feu sacré de la joie, pour moi, c’est d’être là et de répondre aux besoins de l’instant, et c’est tout. Les gens ont besoin de sentir quelque chose de neutre, qui fait du bien au cœur. »

Elle sait être à l’écoute des autres et fait remarquer à quel point le sens de l’humour est important. « Ça, là, c’est précieux. Tout comme avoir de l’optimisme, dans tout ce qu’on fait. Il faut être positif. Ça aide, ma chère enfant... Ça enlève les ulcères d’estomac ! Aujourd’hui, les gens sont stressés. Il faut aller vite. Je prie beaucoup pour eux. »

Par ailleurs, Sœur Angèle est d’avis qu’il faut aussi accepter et respecter les gens qui ont des contraintes dans leur régime alimentaire – certains devant couper le lactose, le blé, etc. « Ces gens sont vulnérables et se sentent rejetés par la société. Ils s’empêchent d’aller manger quelque part parce qu’ils ont la maladie cœliaque, ne peuvent pas prendre du gluten ou des amandes. Il faut entrer dans la société actuelle et être très ouvert à ça. Il faut essayer de les aider et accepter leurs difficultés. »

Ses vœux

Elle a des vœux à partager à l’occasion de la nouvelle année qui s’annonce. « Je souhaite beaucoup de paix dans le monde, que les gens s’entendent et que les familles soient unies, et que les enfants puissent trouver le bonheur qu’ils cherchent et l’amour d’un foyer. Je voudrais que les gens soient capables de s’aimer et de s’unir davantage, sans faire de différence. »

  • Rosette Pipar est journaliste, conférencière et auteure. Elle a publié 15 ouvrages, dont des biographies d’artistes.
  • Sœur Angèle a créé son propre fromage, Le Sœur Angèle, pour venir en aide aux jeunes en difficulté.
  • Elle a reçu l’Ordre du Canada, l’Ordre national du Québec et le Trèfle d’Or. Elle a aussi été nommée ambassadrice de la Ligue mondiale pour le droit au bonheur, à Monaco.

EXTRAIT

Sœur Angèle ou le feu sacré de la joie, Rosette Pipar, Éditions Marcel Broquet, 170 pages
Photo courtoisie
Sœur Angèle ou le feu sacré de la joie, Rosette Pipar, Éditions Marcel Broquet, 170 pages

« L’enfance de Sœur Angèle a été baignée de bonheur grâce à sa mère et à l’amour qu’elle ressentait malgré des conditions de vie précaires. Au temps de la guerre, elle en a vu des jeunes tomber au combat et des camarades d’école, des cousins, mourir trop tôt... Sœur Angèle en a gardé un souvenir douloureux. Une enfance un peu volée durant ces années d’horreur. Elle a vu aussi tant d’immigrants s’installer dans des conditions misérables au Québec. Cette douleur de l’enfance, elle ne la supporte pas. »

– Rosette Pipar, Sœur Angèle ou le feu sacré de la joie, Éditions Marcel Broquet