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Éloge de l’oisiveté

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Existe-t-il un plus grand plaisir que de passer un dimanche à traîner en lisant son Journal et en se servant un troisième café ? En plus, ça ne coûte presque rien...

Ou encore, se dépêcher de ramasser le déjeuner pour aller s’amuser dans la neige avec les mousses ? Ça, ou finir de déneiger l’entrée pour pouvoir vaquer à son inoccupation plus tard...

Langueur gelée

On n’apprécie jamais autant notre routine qu’une fois Noël et le jour de l’An passés. On l’aime d’autant plus quand on se rappelle qu’on était déjà à la course depuis un mois. Quand la visite est partie puis qu’on mange des restes ou qu’on était soi-même les invités qui finissent leur lavage.

Les Américains ont une expression pour parler de la période des Fêtes, que Céline Dion avait reprise à son compte pour baptiser un album de Noël : These Are Special Times. C’est parce que la fête nous sort de la normalité qu’on l’aime.

Il y a aussi un plaisir à revenir à la quotidienneté que janvier et sa langueur gelée servent bien.

Hiverner

L’anthropologue Serge Bouchard rappelait que jamais un ours ne décide d’aller chasser l’antilope en Afrique parce qu’il a vu ça à la télévision. L’hiver, il se repose. Cette volonté frénétique de vivre des expériences et de s’occuper est une caractéristique très humaine.

Il n’y a pourtant pas de mal à faire ce que la nature nous invite à faire. Rentrer à l’intérieur de soi en regardant la neige tomber. Prendre un livre qui traîne depuis trop longtemps sur la table de chevet, en ajoutant une bûche dans le poêle, ou écouter un film qu’on a déjà vu en s’emmitouflant dans une couverte laide, mais si confortable. L’oisiveté sert bien l’imagination et la réflexion.

Janvier, en somme, c’est le mois du retour à la normale. Mais, ici encore, c’est parce que ce n’est plus si habituel que ça de prendre son temps qu’on devrait l’apprécier autant.